Il est très probable que certains en coulisses
Jean-Paul PARFU - 2011-02-15 17:33:38
Il est très probable que certains en coulisses
et à un niveau élevé, tentent de revenir sur le Motu proprio (voire les pouvoirs et l'organisation, sinon l'existence même de la commission Ecclesia Dei) en le vidant de tout son contenu.
Il faut aussi bien voir que seule l'élection du cardinal Ratzinger sur le siège de Pierre a permis et le Motu Proprio et la levée des excommunications.
Sans lui, ces deux décisions auraient sans doute finalement été prises un jour, mais pas avant une dizaine d'années au moins ...
Benoît XVI pouvait prendre ces décisions parce qu'il avait une certaine légitimité pour le faire, même aux yeux des modernistes qui ne pouvaient donc presque rien dire : il a participé au Concile, a été le principal collaborateur de Jean Paul II, connaît tous les rouages de la Curie et toute l'histoire des négociations avec toutes les branches du traditionalisme ... En outre, sur la liturgie par exemple, il n'a pris personne en traître, car il avait exprimé ses opinions à différents moments dans divers ouvrages et tout le monde les connaissait.
Il me semble que les rumeurs dont vous faites état sont à prendre très au sérieux.
On a vu, en effet, que l'opposition libérale et moderniste à Benoît XVI ne désarme pas, notamment en Allemagne (nul n'est prophète en son pays !) où elle a au moins le mérite d'agir à visage quasi-découvert ...
Il me semble toutefois qu'elles sont un peu, ou tout au plus, si vous me permettez cette comparaison, pour la messe de toujours et la Tradition, ce que furent dans l'histoire des relations entre l'Eglise et l'Etat, les décisions prises par Julien l'Apostat de revenir au paganisme pendant la période de son court règne, de 361 à 363 : c'est-à-dire une dernière réaction, en l'occurrence non du paganisme antique, mais du "progressisme", "le chant du cygne du modernisme" !
Les prélats libéraux et modernistes, de toute façon, ne pourront pas arrêter la prise de conscience dans l'Eglise et au-delà, dans la chrétienté (prise de conscience déjà à l'oeuvre avec le retour d'une avant-garde anglicane par exemple) des dégâts causés par l'esprit de la Révolution religieuse et politique dans l'Eglise et la société, notamment eu égard aux problèmes actuels : disparition physique de l'Eglise et de la civilisation chrétienne, montée de l'islam etc ...
On doit simplement espérer que Benoît XVI, vieillissant et s'affablissant, ne se retrouve pas trop sous la coupe de ce parti libéral et qu'il règne assez longtemps pour que son successeur ne puisse plus ou n'ose plus démolir ce qu'il a affermi ou reconstitué.