Rassurez-vous
PEB -  2011-02-14 21:05:10

Rassurez-vous

Je sais bien que la République a copié honteusement sur l'Eglise (notamment les canons de Latran IV). M'sieur! M'sieur! Faudra lui donner une punition pour la peine! Adepte de l’herméneutique de la continuité, il me plait de souligner les ponts qui unissent malgré les points qui déchirent. Antoine Loysel (1536-1617), procureur général près la Chambre de justice de Limoges, est un semi-moderniste mais un des plus grand jurisconsultes d'Ancien Régime. Je veux bien l'admettre. Ne pensez pas que je m'appuie de manière aveugle sur sa jurisprudence mais son sens de la formule illustre merveilleusement les traditions de notre ancien droit. Le Mais il faut que l'Eglise y passe, malgré sa formulation fataliste, décrit en réalité la garantie légale de l'institution. Or, cette garantie d'où vient-elle? De la loi, nous disent les Républicains légalistes; de Dieu, insiste, depuis toujours, notre Sainte Mère l'Eglise. Si le droit est l'organisation de la Charité, alors il faut un ministre secondaire pour protéger un tel sacrement et le garantir contre les abus en tout genre. Le rôle proprement rituel du curé s'apparente à celui d'un magistrat par rapport au ministre principal. Il reçoit les consentements et prononce alors la déclaration légale, devant Dieu, l'Eglise et les hommes, de la réalité du mariage. Les bénédictions qu'il donne viennent en surplus de la matière et la développent comme une catéchèse à l'intention des fidèles. Il inscrit alors l'institution dans les registres, parabole terrestre du Livre de Vie (Ap 3, 5). C'est à ce titre que les canons présument a priori la nullité en absence de ministre secondaire légitime (sauf circonstances exceptionnelles: danger de mort, couple en rade sur une île déserte &c.). Le droit canon est une des sources de notre droit civil. L'étude du mariage chrétien nous fait balancer sans cesse de l'un à l'autre. C'est là, en effet, que se croise quotidiennement les deux glaives.