PEB - 2011-02-14 12:55:05
Analysons le texte
Reconnaître la catholicité de la Fraternité Saint-Pie-X, je ne pense pas que ce soit compliqué.
Cet institut reconnait l'épiscopat universel de notre Saint-Père Benoît XVI et adhère à l'ensemble des dogmes promulgué jusqu'à aujourd'hui. Le statut de Vatican II est en effet discutable quant à son infaillibilité surnaturelle et au caractère impératif de sa promulgation. Les textes du dernier concile ne contiennent de toute manière aucune formule exécutoire du style: "Docemus et declaramus", ni le moindre "Si quis dixerit; anathema sit."
Parler de positions catholiques dans la crise est aventureux. Cette formule est vague. La nature de la crise n'est pas définie ainsi que ses conséquences sur la catholicité de l'Eglise Catholique.
Oser proclamer l'invalidité des censures canoniques est un peu fort de café. Est-ce à dire que le Siège Apostolique n'a pas jugé valablement des différents développements? Dans ce cas, cela revient à dire qu'il n'était pas réellement compétent et cela remet en cause l'autorité universelle de Rome proclamée à Trente et réaffirmée solennellement à Vatican I. Il aurait fallu plutôt rendre grâce de la réintégration des évêques et de leur clergé dans la communion des saints. Cet article me parait donc, pour rester poli, bancal.
Quant à la validité des sacrements: bien sûr qu'ils le sont. Selon saint Augustin, que ce soit Pierre ou Judas qui baptisent, c'est toujours Jésus qui baptise.
Il ne faut pas comprendre validité (est-ce que ça a marché?) et licéité (en ai-je vraiment le droit?). Une commande informatique peut être valide: un rm -rf * bien placé et le forum disparaît mais parfaitement illicite au grand dam des liseurs. Par analogie, toutes choses égales par ailleurs, tous les sacrements de la fraternité sont valides car il n'y a pas de défaut de ministre. Cependant, leur licéité est dubitative. En effet, la célébration des mariages (dont le ministre est les époux eux-mêmes, le clerc n'étant qu'un témoin qualifié!), l'administration de la Confession et, au cours ou en dehors de la Sainte Messe, la prédication sans oublier l'Ordre sont des actes de gouvernement. Or, la fraternité ne dispose d'aucune légation, ni administration, ni diocèse, ni ordinariat, ni prélature personnelle pour cela.
Ce document m'a l'air ficelé pour extorquer abusivement, à peu de frais (un plat de lentille?) une approbation formelle qui mériterait d'être approfondie.
En conclusion, cette déclaration se dit soi-disant catholique mais foule au pied la souveraineté légitime du Saint-Siège et des sièges unis à lui. Pour ces raison, moi simple fidèle, je me garderai bien de la signer et, à la place du signataire éventuel, la présenterait, en tous cas, à mon évêque pour savoir ce qu'il en pense.
La Tradition ne nous enseigne-t-elle pas l'obéissance à nos pasteurs légitimes?