Dommage, La Croix, ça commençait bien !
Meneau -  2011-02-08 15:35:28

Dommage, La Croix, ça commençait bien !

"Droit au mariage" (notez l'url, "mariage à deux vitesses", on y reviendra) titre le 24 Janvier l'une des tribunes de La Croix, pas n'importe laquelle, celle d'Isabelle de Gaulmyn, "Une foi par semaine", soit l'une des plus notoires. Revenant sur les récents propos du Pape comme quoi "Personne ne peut se prévaloir d'un droit au mariage", elle rappelle que le pape demande d'envisager avec sérieux ce sacrement, et de bien s'y préparer. Mais voilà, ensuite ça se gâte. Tout d'abord, la raison invoquée pour cela, c'est "au regard de la doctrine catholique du mariage, de la sévérité dont elle fait montre à l’encontre des divorcés-remariés, qui ne peuvent communier,". Bon, admettons qu'elle ne retienne comme point marquant de ladite doctrine catholique que la sévérité à l'égard des divorcés remariés, et non pas par exemple la nécessité d'un foyer stable pour l'éducation des enfants, ou la caractère sacramentel du mariage, ou la parole de l'Evangile "ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas". Admettons, ou plutôt passons. Après tout la "controverse des divorcés remariés" est l'un de ses chevaux de bataille. Mais vient sans autre forme de procès le final : dans un récent ouvrage (Catholicisme, zones de fracture), Nicolas de Bremond d’Ars propose "ainsi" (sic) un mariage en deux étapes, la première non solennelle, simple, (à l'essai en quelque sorte ?), et la deuxième, un engagement solennel et sacramentel (et peut-être définitif ?). Voilà. Point. C'est fini. Je m'attendais à un commentaire catholique, expliquant par exemple ce que pourrait bien être ce mariage "simple", pas encore sacramentel, et quelle devrait y être l'attitude des "simplement mariés" qui n'auraient pas encore célébré le sacrement ? Est-ce une préparation au mariage sans l'état de vie qui va avec, ou bien n'est-ce vraiment qu'un concubinage probatoire ? Ou bien est-ce déjà un engagement définitif, auquel cas quel intérêt ? On aurait même pu attendre d'un journal catholique, au delà du rappel de la doctrine catholique, (mais bon, là, je ne me faisais pas trop d'illusion), la condamnation de cette éventualité plutôt douteuse. Mais non. C'est tout. Dans l'enchaînement du texte, c'est présenté comme une solution au manque de préparation au mariage. Serait-ce parce que le livre du Père Bremond d'Ars est (lui aussi) publié aux Editions Bayard, sans doute aussi la raison pour laquelle il a bénéficié d'une publicité plutôt complaisante et surtout pas du tout critique de la part du même auteur sur le site de la Croix ? Rappelons pourtant le coeur du livre, aux dires de La Croix toujours :

Ces zones de fracture sont, pour l’auteur, au nombre de sept: le mouvement synodal, qui induit un nouveau mode de gouvernement; les regroupements de paroisses, rendus nécessaires par les transformations démographiques– moins de prêtres– et spatiales– urbanisation; la messe du dimanche, qui caractérise de moins en moins l’identité catholique; le problème des divorcés remariés; la sexualité et– deux questions plus liées à l’actualité récente– la pédophilie dans le clergé et la crise intégriste.

"Une foi par semaine", ça veut dire qu'on change de Foi toutes les semaines ? Cordialement Meneau