Je suis une catho, comme ils disent
Scribe -  2011-02-07 22:22:43

Je suis une catho, comme ils disent



C’est-à-dire un être hybride, mélange de bêtise crasse, d’ignorance absolue, de frigidité ontologique et d’hypocrisie totale. Le fruit immonde de siècles d’un totalitarisme répugnant, la descendante directe de Torquemada, le rappel obscur et inquiétant d’une théocratie génocidaire. Voilà qu’on passe des heures, sur des plateaux télé, à expliquer le pourquoi et le comment de l’Islam, voilà qu’on nuance, qu’on finasse, qu’on dentelle de l’argument à l’infini. On s’excuse, on balbutie, on hésite, on tergiverse. Pour l’islam. Passe un catho, et c’est l’hallali. Plus de nuances, plus de doutes, plus d’hésitations, point d’émerveillement. Le catho est forcément suspect, forcément dangereux, forcement repoussant.


Qu’un Pape dise que le préservatif n’est pas la meilleure solution, et c’est une levée de boucliers, des colonnes entières dans les journaux, l’Eglise sommée de faire repentance, les catholiques privés de droit d’expression. On croirait presque que des armées de prêtres – on n’en a pourtant pas tant que cela – sont quotidiennement envoyés en Afrique, cierges au poing, pour brûler les caisses de préservatifs des dispensaires. Sans blague. Quand vous êtes d’accord avec nous, vous soulignez, avec un soupir de regret, combien nous sommes peu nombreux. Quand vous n’êtes pas d’accord avec nous, nous devenons soudain des millions, plus puissants et dangereux que jamais. Curieux… On nous reproche quelquefois notre susceptibilité. C’est vrai, nous sommes susceptibles. Trop d’années à devoir entendre trop d’âneries sur notre compte, sans doute. Trop d’années à nous battre seuls, contre des évêques, contre des media avides de caricatures faciles, contre nos propres errances et défaillances. Trop d’années de silence contraint, tandis que résonnaient les cris des chevaliers de la repentance, partis en croisade dénicher dans notre histoire quelque monstruosité, quelque injustice et quelque crime supplémentaire qui ferait ricaner du journaleux et s’extasier de l’anticlérical primaire. Trop d’années passées à rester entre nous, par peur des regards et des critiques. Trop d’années à nous croire meilleurs à force de défiance, et à vivre en aquarium, tournant en rond, au chaud, parmi nos semblables, et voyant le monde déformé par notre bocal de lassitude et de désespérance. Ces années-là sont passées. Une génération se lève, une génération arrive, qui ne craint ni le rappel des – heures – les – plus – sombres – de – son – histoire, ni la critique de valeurs qui lui sont chères. Une génération se dresse, fière et non pas arrogante, lucide et non pas omnisciente, une génération dans ce monde mais non pas de ce monde, une génération ferme et nette comme du silex, une génération paisible et courageuse, une génération catholique audacieuse et sincère, prête au débat mais pas à la lâcheté, prête à l’écoute mais pas à l’imbécillité. Une génération qui puise sa fierté dans des siècles de bâtisseurs de cathédrales, de savants, d’artistes, de missionnaires décapités, de religieuses pansant du lépreux et enseignant de l’alphabet, de prêtres offrant leur belle solitude d’hommes de Dieu, d’Edith Stein et de Maximilien Kolbe, de moinillons édifiant des murs de prières contre les assauts des violences séculaires. Une génération capable de lire sans sourciller ces mots de Léon Bloy : « Tout chrétien sans héroïsme est un porc »

Le texte intégral est ici.