J'en ai parfaitement conscience, et je m'explique.
Scrutator Sapientiæ - 2011-02-05 17:04:35
J'en ai parfaitement conscience, et je m'explique.
Rebonjour à Ennemond,
J'en ai parfaitement conscience, et je m'explique en quelques mots.
D'abord, pour moi, l'idéal serait qu'une telle rencontre, inter-culturelle, et non inter-religieuse, réunisse non des clercs, mais des laics, et qui plus est des laics ayant des responsabilités temporelles, économiques, diplomatiques, juridiques, politiques.
Un avocat musulman, un ingénieur bouddhiste, un agriculteur ou un industriel catholique, ont bien le droit de chercher à oeuvrer ensemble, en commençant par essayer de mieux se connaître et se comprendre, en vue de davantage de paix, au sein des nations et entre les nations.
Ensuite, l'idéal serait qu'une telle rencontre poursuive l'objectif de la construction et de l'expansion de la paix dans le monde, en s'en tenant seulement aux aspects et aux enjeux temporels.
Il y a beaucoup à faire pour servir la cause de la paix, la défendre, la promouvoir, rien qu'en s'en tenant à des objectifs temporels extrêmement concrets : je pense ici, mais ce n'est qu'un exemple, à la question de l'accès à l'école, et à un mode d'instruction pleinement respectueux de la paix, du plus grand nombre d'enfants possible.
Or, je suis prêt à prendre tous les paris, même en présence de ces deux précautions, l'ambiguité du dispositif finirait par apparaître, ne serait-ce que parce que toutes les religions n'ont probablement pas la même conception du dialogue, de la culture, de la religion, de la coexistence pacifique de plusieurs cultures religieuses, de la construction et de l'expansion de la paix, et de la distinction entre clercs et laics.
Mais au moins il y a une chose qui arriverait : toutes ces ambiguités, toutes ces équivoques, toutes ces absences de résultats, ou tous ces résultats tout relatifs, ne seraient plus, si j'ose dire, pris en charge par l'Eglise, ni imputables à l'Eglise, comme ils le sont plus ou moins aujourd'hui, y compris, j'en suis convaincu, par des gens qui ne sont pas des catholiques traditionalistes.
Tel est le sens de ma proposition, en forme de provocation : suggérer qu'une institution internationale, mais non confessionnelle, impulse et incarne un dialogue entre les cultures, y compris entre les cultures religieuses ; si ce dialogue (auquel seuls des catholiques connus pour leur prudence pourraient participer, mais la même vertu serait attendue des autres participants), si ce dialogue, donc, est vraiment générateur de paix, je serai le premier à m'en réjouir, mais si ce dialogue, au contraire, ne génère que des risques ou des sources de confusion, des bonnes intentions suivies de mauvais résultats, ou de la restriction mentale sélective permanente, à tout le moins, il ne sera plus possible de reprocher à l'Eglise d'avoir présidé à cela.
Bonne fin de journée.
Scrutator.