Se passer, sans dommage, d’une croyance en l’existence du Malin est évidemment séduisant. Christianisme, religion de paix, transcendant toute peur ! Qui contesterait cette assertion ? Le Christ ressuscité n’a en effet de cesse de proclamer à ses disciples : « La Paix soit avec vous ». Ajoutons d’autres redoutables arguments de courte vue sociologique et pastorale : ne pas « traumatiser » une population déjà éprouvée. Reléguer un héritage ayant « infantilisé » les fidèles. Rendre « attrayante » la Bonne Nouvelle… C’est oublier un peu vite que le combat spirituel est constitutif de l’évangélisation. C’est édulcorer l’identité même de Jésus qui introduit l’humanité dans sa victoire contre le Tentateur. C’est méconnaître le témoignage des saints. Ils « ont vécu selon le Christ », comme le dit Benoît XVI. Ils ont expérimenté le choix libre et radical de rejeter l’auteur du mal. Saint François de Sales, patron des journalistes, n’a jamais consenti de relativisme dans sa prédication : « Je fais le signe de la Croix, s’écriait-il. Par ce signe puissant, j’enchaîne le démon et je disperse toute terreur ». Dire, de toute la force reçue de Jésus, « Arrière Satan ! » n’est donc vraiment pas se dispenser de croire qu’il existe !
Cordialement Meneau