143 théologiens signent un memorandum demandant des réformes de l'Eglise
Meneau -  2011-02-04 21:29:30

143 théologiens signent un memorandum demandant des réformes de l'Eglise

"Eglise: Un renouveau indispensable". Ainsi est intitulé le memorandum signé, à quelques mois de la visite du pape en Allemagne, par 143 théologiens allemands, autrichiens et suisse, prônant entre autres les prêtres mariés, l'ordination des femmes, les unions homosexuelle, les divorcés remariés, la participation des fidèles dans les nominations des curés et des évêques, et la fin du rigorisme moral. Et évidemment, ça commence et ça prend appui sur ... je vous laisse découvrir. Le texte complet du memorandum a été publié par le quotidien Süddeutsche. Traduction par mes soins.

143 théologiens ont signé le catalogue de réformes – jusqu’à maintenant. Ces théologiens exigent ainsi des réformes profondes de l’Eglise catholique. Voici le memorandum en version intégrale. Une bonne année s’est écoulée depuis qu’au Cours Casinius de Berlin ont été rendus publics des cas d’abus sexuels sur enfants et jeunes hommes par des prêtres et des personnes ordonnées. Il s’en est suivi une année de crise sans précédent pour l’Eglise catholique en Allemagne. Le sentiment qui en ressort aujourd’hui est mitigé : beaucoup de choses ont été entreprises pour rendre justice aux victimes, travailler sur l’injustice et chercher à déterminer dans ses propres rangs les causes de ces abus, silences et duplicités morales. Chez beaucoup de chrétiens et de responsables chrétiens, doté ou pas d’une fonction, s’est développé après l’horreur initiale le sentiment que des réformes profondes étaient nécessaires. L’appel à un dialogue ouvert sur les structures de pouvoir et de communication, sur la forme du ministère de l’Eglise, et la participation des fidèles aux responsabilités, sur la morale et la sexualité a des attendus, mais a aussi éveillé des craintes : va-t-on laisser passer l’occasion – probablement la dernière – de sortir de la paralysie et de la résignation en restant dans l’attentisme et la minimisation de la crise ? Les tumultes que peuvent susciter un dialogue ouvert, sans tabous, ne sont pas vraiment rassurants pour tout le monde, et notamment pas à la veille d’une visite papale. Mais l’alternative, le silence sépulcral, parce que les derniers espoirs auraient été ruinés, n’est certainement pas acceptable. La crise profonde de notre Eglise impose de répondre à chacun des problèmes qui au premier regard n’ont pas directement de relation avec les scandales des abus sexuels, ni avec leur dissimulation pendant une décennie. En tant que professeurs et professeures de théologie, nous ne pouvons pas nous taire plus longtemps. Nous nous sentons la responsabilité de concourir à un vrai nouveau départ : 2011 doit devenir une année de nouveau départ pour l’église. L’année passée, plus de chrétiens que jamais auparavant se sont retiré ; ils ont renoncé à suivre les dirigeants de l’Eglise, ou bien ils ont rendu privée leur vie de croyants, afin de la protéger devant l’Institution. L’Eglise doit comprendre ces signes, et se sortir elle-même de structures fossilisées, afin de regagner ses forces vitales et sa crédibilité. Le renouveau des structures ecclésiales ne réussira pas dans un isolement craintif par rapport à la société, mais seulement en ayant le courage de l’autocritique, et de l’acceptation d’une critique constructive – y compris en provenance de l’extérieur. Cela appartient aux leçons de l’année passée : La crise des abus sexuels n’aurait pas été aussi délibérément prise en main sans l’accompagnement critique provoqué par son caractère public. C’est seulement grâce à une communication ouverte que l’Eglise pourra retrouver de la confiance. Elle ne sera crédible que s’il n’y a pas de clivage entre l’image qu’elle se fait d’elle-même et l’image qu’on en a à l’extérieur. Nous nous tournons vers tous ceux qui n’ont pas encore renoncé à espérer en un nouveau départ de l’Eglise et à se battre pour cela. Nous captons les signaux en vue de ce départ et du dialogue que certains évêques ont lancé ces derniers mois. L’Eglise n’est pas une fin en soi. Elle a comme mission d’annoncer le Dieu libérateur et vivant Jésus Christ à tous les hommes. Elle ne le peut que si elle est elle-même un lieu et un témoin crédible du message de liberté de l’Evangile. Sa parole et son action, ses règles et ses structures – l’ensemble de ses relations avec les hommes, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Eglise – sont soumises à l’exigence de reconnaître et à promouvoir la liberté de l’homme en tant que créature de Dieu. Le respect inconditionnel de toute personne humaine, le respect de la liberté de conscience, l’engagement pour le droit et la justice, la solidarité avec les pauvres et les opprimés, telles sont théologiquement les normes fondamentales qui découlent selon les Evangiles des obligations de l’Eglise. Ainsi deviennent concrets l’amour pour Dieu et pour le prochain. L’orientation vers le message biblique de liberté inclut un comportement différencié envers la société moderne : à certains égards, quand il s’agit de reconnaissance de la liberté, de la maturité et de la responsabilité de l’individu, elle est en avance sur l’Eglise. L’Eglise peut apprendre d’elle, comme l’a déjà souligné le concile Vatican II. A d’autre égards, la critique de cette société selon l’esprit de l’Evangile est indispensable, par exemple là où les hommes ne sont jugés que selon leur performance, là où la solidarité mutuelle est bafouée, ou là où la dignité de l’homme n’est pas respectée. Dans tous les cas le principe suivant demeure : le message de liberté de l’Evangile est la référence pour une Eglise crédible, pour ses actions et pour son comportement social. Les enjeux concrets, que l’Eglise doit prendre en compte, ne sont en aucun cas nouveaux. Des réformes futuristes sont pourtant difficiles à envisager. Le dialogue ouvert à ce sujet doit être mené dans les domaines d’activité suivants : 1. Les structures de participation : dans les tous les domaines de la vie chrétienne, la participation des fidèles est une pierre de touche pour la crédibilité du message de liberté de l’Evangile. Selon l’ancien principe juridique, « ce qui concerne tout le monde, doit être décidé par tout le monde », il y a besoin de plus de structures synodales à tous les niveaux de l’Eglise. Les fidèles doivent participer à la nomination de ceux qui remplissent les fonctions importantes (Evêques, curés). Ce qui peut être décidé localement doit l’être. Les décisions doivent être transparentes. 2. Communautés : Les paroisses chrétiennes doivent être des endroits où les hommes partagent des biens spirituels et matériels. Pourtant actuellement, la vie de paroisse s’érode. Sous la pression du manque de prêtres, sont créées des unités administratives toujours plus grandes, dans lesquelles la proximité et l’appartenance sont des notions dont on ne peut presque plus faire l’expérience. Les identités historiques, et les réseaux sociaux développés sont abandonnés. Les curés sont envoyés à l’abattoir, et disparaissent. Les fidèles, losqu’on ne leur fait pas confiance, restent à l’écart des prises de responsabilité, et de la participation aux structures démocratiques qui mènent leur paroisse. La fonction ecclésiale doit servir la paroisse, et non l’inverse. L’Eglise a besoin aussi de prêtre mariés, et de femmes dans les fonctions ecclésiales. 3. Structure juridiques : la reconnaissance de la dignité et de la liberté de chaque homme n’est démontré que lorsque des conflits sont résolus de façon équitable et dans le respect mutuel. Le droit de l’Eglise n’est digne de ce nom que lorsque les fidèles peuvent effectivement revendiquer leurs droits. La protection et la culture juridiques dans l’Eglise doivent être améliorées d’urgence ; une première étape serait la mise en place d’une juridiction administrative ecclésiastique. 4. La liberté de conscience : le respect de la conscience individuelle signifie avoir confiance dans les capacités des hommes à décider et à prendre des responsabilités. Il est du devoir de l’Eglise de soutenir ces capacités ; cela ne doit cependant pas se transformer en tutelle. Ceci est à prendre au sérieux notamment dans le domaine des choix de vie, et des formes individuelles de vie. La question ne réside pas dans la haute estime qu’a l’Eglise du mariage et du célibat. Mais il n’est pas demandé d’exclure les gens qui vivent de façon responsable l’amour la loyauté et le soutien mutuel dans une relation entre personnes de même sexe, ou en tant que divorcés remariés. 5. Réconciliation : La solidarité envers les pécheurs exige que l’on prenne au sérieux les fautes dans nos propres rangs. Le rigorisme moral pharisien ne sied pas à l’Eglise. L’Eglise ne peut pas prôner la réconciliation avec Dieu, sans remplir elle-même dans ses propres actions la condition préalable à la réconciliation à l’égard de ceux qui sont coupables, en restant dans une morale rigoureuse sans pitié qui les violente, les prive de leurs droits et pervertit le message biblique de liberté. 6. Culte : la liturgie vit de la participation active des fidèles. Les expériences et les expressions de leur présence doivent y trouver leur place. Le culte ne doit pas être figé dans le traditionalisme. La diversité culturelle enrichit la vie liturgique, et ne fait pas bon ménage avec les tendances à une uniformisation centralisatrice. C’est seulement lorsque la célébration de la foi prend en compte les situations de vie concrètes, que le message de l’Eglise atteint les gens. Le processus de dialogue entamé par l’Eglise peut conduire à la libération et au renouvellement, si tous ceux qui y prennent part sont prêts à répondre aux questions pressantes. Il faut, dans un échange d’arguments libre et équitable, rechercher des solutions qui tirent l’Eglise de son nombrilisme. Le calme ne doit pas succéder à la tempête de l’an dernier ! Ca ne pourrait être dans la situation actuelle que le calme de la tombe. La peur n’a encore jamais été de bon conseil en temps de cirse. L’Evangile demante aux chrétiennes et aux chrétiens de regarder avec courage vers le futur, et – selon les paroles de Jésus – d’avancer comme Pierre au dessus de l’eau : « Pourquoi doutes-tu, homme de peu de foi ? » Les signataires Albus, Michael, Universität Freiburg Anzenbacher, Arno, Universität Mainz Arens, Edmund, Universität Luzern Autiero, Antonio; Universität Münster Bäumer, Franz Josef, Universität Gießen Baumgartner, Isidor, Universität Passau Bechmann, Ulrike, Universität Graz Belok, Manfred, Theologische Hochschule Chur Benk, Andreas, Pädagogische Hochschule Schwäbisch-Gmünd Bieberstein, Klaus, Universität Bamberg, Bieberstein, Sabine, Katholische Universität Eichstätt Biesinger, Albert, Universität Tübingen Bischof, Franz Xaver, LMU München Blasberg-Kuhnke, Martina, Universität Osnabrück Böhnke, Michael, Universität Wuppertal Bopp, Karl SDB, Phil.-Theol. Hochschule Benediktbeuern Bremer, Thomas, Universität Münster Brosseder, Johannes, Universität zu Köln Broer, Ingo, Universität Siegen Bucher, Anton A., Universität Salzburg Collet, Giancarlo, Universität Münster Dautzenberg, Gerhard, Universität Gießen Demel, Sabine, Universität Regensburg Droesser, Gerhard, Universität Würzburg Eckholt, Margit, Universität Osnabrück Emunds, Bernhard, Phil.-Theol. Hochschule St. Georgen Ernst, Stephan, Universität Würzburg Feiter, Reinhard, Universität Münster Franz, Albert, Universität Dresden Frevel, Christian, Universität Bochum Fröhling, Edward SAC, Phil.-Theol. Hochschule Vallendar Fuchs, Ottmar, Universität Tübingen Fürst, Alfons, Universität Münster Gabriel, Karl, Universität Münster Garhammer, Erich, Universität Würzburg Göllner, Reinhard, Universität Bochum Görtz, Heinz-Jürgen, Universität Hannover Goertz, Stephan, Universität Mainz Grümme, Bernhard, Pädagogische Hochschule Ludwigsburg Häfner, Gerd, LMU München Haker, Hille, Universität Frankfurt am Main, Chicago Hartmann, Richard, Theologische Fakultät Fulda Heimbach-Steins, Marianne, Universität Münster Heinz, Hanspeter, Universität Augsburg Hemel, Ulrich, Universität Regensburg Hengsbach, Friedhelm SJ, Phil.-Theol. Hochschule St. Georgen Hilberath, Bernd-Jochen, Universität Tübingen Hilpert, Konrad, LMU München Höfer, Rudolf, Universität Graz Höhn, Hans-Joachim, Universität zu Köln Hoffmann, Johannes, Universität Frankfurt am Main Hoffmann, Paul, Universität Bamberg Holderegger, Adrian, Universität Freiburg(Schweiz) Holzem, Andreas, Universität Tübingen Hünermann, Peter, Universität Tübingen Jäggle, Martin, Universität Wien Jorissen, Hans, Universität Bonn Kampling, Rainer, Universität Berlin Karrer, Leo, Universität Freiburg/Schweiz Kern, Walter, Pädagogische Hochschule Ludwigsburg Kessler, Hans, Universität Frankfurt am Main Kienzler, Klaus, Universität Augsburg Kirchschläger, Walter, Universität Luzern Knobloch, Stefan, OFMCap, Universität Mainz Könemann, Judith, Universität Münster Kohler-Spiegel, Helga, Pädagogische Hochschule Feldkirch/Vorarlberg Kos, Elmar, Universität Vechta Kraus, Georg, Universität Bamberg Kruip, Gerhard, Universität Mainz Kügler, Joachim, Universität Bamberg Kuhnke, Ulrich, Hochschule Osnabrück Kuld, Lothar, Pädagogische Hochschule Weingarten Ladenhauf, Karl-Heinz, Universität Graz Lang, Bernhard, Universität Paderborn Langer, Wolfgang, Perchtolsdorf Lesch, Karl Josef, Universität Vechta Loretan, Adrian, Universität Luzern Lüdicke, Klaus, Universität Münster Ludwig, Heiner, TU Darmstadt Lutterbach, Hubertus, Universität Duisburg-Essen Maier, Joachim, Schriesheim Meier, Johannes, Universität Mainz Mennekes, Friedhelm SJ, Köln Merks, Karl-Wilhelm, Bonn Mette, Norbert, Technische Universität Dortmund Michel, Andreas, Universität zu Köln Mieth, Dietmar, Universitäten Erfurt und Tübingen Missala, Heinrich, Universität Duisburg-Essen Möhring-Hesse, Matthias, Universität Vechta Mooney, Hilary, Pädagogische Hochschule Weingarten Müller, Klaus, Universität Münster Müllner, Ilse, Universität Kassel Nauer, Doris, Phil.-Theol. Hochschule Vallendar Neuner, Peter, LMU München Niederschlag, Heribert SAC, Phil.-Theol. Hochschule Vallendar Odenthal, Andreas, Universität Tübingen Ollig, Hans-Ludwig SJ, Phil.-Theol. Hochschule St. Georgen Pellegrini, Silvia, Universität Vechta Pemsel-Maier, Sabine, Pädagogische Hochschule Karlsruhe Pesch, Otto Hermann, Universität Hamburg Pock, Johann, Universität Wien Poplutz, Uta, Universität Wuppertal Porzelt, Burkard, Universität Regensburg Raske, Michael, Universität Frankfurt am Main Richter, Klemens, Universität Münster Roebben, Bert, Universität Dortmund Rotter, Hans, Universität Innsbruck Sauer, Ralph, Universität Vechta Schäper, Sabine, Katholische Fachhochschule Münster Schmälzle, Udo, Universität Münster Schmidt, Thomas M., Universität Frankfurt am Main Schmiedl, Joachim, Phil.-Theol. Hochschule Vallendar Schockenhoff, Eberhard, Universität Freiburg Scholl, Norbert, Pädagogische Hochschule Heidelberg Schulz, Ehrenfried, LMU München Schreiber, Stefan, Universität Augsburg Schreijaeck, Thomas, Universität Frankfurt am Main Schüller, Thomas, Universität Münster Schüngel-Straumann, Helen, Universität Kassel / Basel Seeliger, Hans-Reinhard, Universität Tübingen Siller, Hermann Pius, Universität Frankfurt am Main Simon, Werner, Universität Mainz Spiegel, Egon, Universität Vechta Steinkamp, Hermann, Universität Münster Steins, Georg, Universität Osnabrück Stosch, Klaus von, Universität Paderborn Striet, Magnus, Universität Freiburg Strotmann, Angelika, Universität Paderborn Theobald, Michael, Universität Tübingen Trautmann, Franz, Pädagogische Hochschule Schwäbisch-Gmünd Trautmann, Maria, Katholische Universität Eichstätt Trocholepczy, Bernd, Universität Frankfurt am Main Vogt, Markus, LMU München Wacker, Marie-Theres, Universität Münster Wahl, Heribert, Universität Trier Walter, Peter, Universität Freiburg Weirer, Wolfgang, Universität Graz Wendel, Saskia, Universität zu Köln Wenzel, Knut, Universität Frankfurt am Main Werbick, Jürgen, Universität Münster Willers, Ulrich, Katholische Universität Eichstätt Ziebertz, Hans-Georg, Universität Würzburg Zwick, Reinhold, Universität Münster