A part les dernières lignes qui télescopent les propos
Glycéra -  2011-02-04 10:24:30

A part les dernières lignes qui télescopent les propos

C'est juste... et presque pas excessif. J'en ai trop vu. Mon âme en est triste...

Quelle impression donnons-nous, nous les prêtres traditionnels, aux personnes qui se rendent pour la première fois dans nos centres de messe ? Pour en donner une idée, imaginons ce petit scénario : --- Imaginez que vous soyez un jeune laïc catholique avec une femme et deux petits enfants. Vous n’aimez pas ce que vous voyez dans votre paroisse locale, Saint-Teilhard. A peu près tout ce que vous y trouvez vient contredire ce que vous savez être l’enseignement catholique. … Vous en avez assez, et vous lisez une annonce pour une messe en latin traditionnelle. … Vous vous levez tôt ce dimanche, le centre de messe est à une demi heure, vous entassez dans la voiture votre femme qui est sceptique, votre gamin de 6 ans qui trépigne, et votre nourrisson qui s’agite – et c’est parti. – Vous entrez dans la chapelle, vous installez au fond. Un type pas très sympa arrive avec un napperon en dentelle, le jette à votre femme en disant «voilà !». La messe est prévue à 9H00, elle commence avec 15 minutes de retard, il parait que le prêtre terminait de confesser. La messe commence, vous êtes impressionné par l’aspect révérencieux du rite, mais vous ne comprenez pas ce qui se passe. – Le prêtre va à l’ambon, suivent toute une série d’annonces. Le prêtre explique qui est interdit de Communion, c’est long et compliqué, quelque chose à propos des baptêmes douteux, des mariages invalides et du Novus Ordo (késako?) – Il se lance ensuite dans un sermon qui attaque les «parents libéraux» qui n’envoient pas leurs enfants à son école, et reproche à tous l’insuffisance de leur soutien financier. Quel sermon! Ou plutôt, vous pensiez que c’était le sermon. Viennent l’épître et l’évangile en anglais. Apres quoi le prêtre s’embarque pendant 25 minutes dans une dénonciation du Novus Ordo (encore cette expression zarbi) et du pape (je pensais que c’était un type bien!), le tout ponctué par de terribles menaces qui toute personne liée à l’un ou à l’autre ira probablement directement en enfer. – A un moment, le prêtre s’arrête net et vous dévisage : votre nourrisson, sans doute, a fait un peu de bruit. …. Enfin, après 45 minutes à l’ambon, le prêtre retourne à l’autel. Vous êtes impressionné par le déroulement de la messe… jusqu’à la Communion. Vous recevez la Communion mais le prêtre s’arrête à votre femme : «vous n’êtes pas habillée comme il faut, et je ne vous donne pas la communion» lance-t-il. Ca vous surprend : elle porte un pantalon baggy et un chemisier à col haut sans manche – comparée aux femmes à Saint Teilhard, votre épouse s’habille comme la reine Victoria. Elle s’éloigne de la table de Communion. – Quand le prêtre finit par quitter l’autel, il est 10h40, une heure et quarante minute après le début théorique de la messe (vous apprenez ensuite qu’il ne s’agit que de la messe basse et vous vous demandez combien durerait la messe au nom menaçant de grand’) – Vous sortez, espérant attraper le prêtre et lui poser quelques questions. Dommage vous dit un responsable : il est déjà parti, en route vers une autre messe. Vous cherchez quelque chose qui vous expliquerait ce qui s’est déroulé. Sur un présentoir, tout ce que vous trouvez sont quelques vieux livres de neuvaines. – La plupart des gens vous ignorent, sauf une dame qui vous alpague. Après quelque brefs préliminaires, elle vous met en garde : le prêtre est un vrai monstre. Elle est rejointe par une autre dame qui tente d’être d’une grande aide pour expliquer la situation dans l’Eglise depuis Vatican II. ... Ça parle de soucoupes volantes, et du pape qui est en fait un robot contrôlé par un ordinateur du nom de ‘666’, à Bruxelles. Elle vous confie qu’elle a appris cela tandis qu’elle était prisonnière de David Rockefeller dans le donjon de la Chase Manhattan Bank. – Sur un jeu de mot vous quittez les lieux avec votre femme pour prendre un petit-déjeuner.

On a envie d'ajouter : qui reviendrait-là sauf à être récupéré par Dieu malgré ces hommeries-là ?