Quelques précisisions
Lux -  2011-02-02 18:55:33

Quelques précisisions

J'ai demandé à cet ami de préciser certains passage, et je vous reproduis ses réponses. Lux Citation du texte incriminé à propos de la "blogosphère catholique" : Il y a peu, suite à la publication par le journal La Croix d’un article sur la mise en place d’une blogosphère catholique, un journaliste fort réputé dans certains milieux, qui tient sur la toile son « bloc-notes » mais dont je tairais le nom afin d’éviter toute polémique, réagissait ainsi :

La Croix estime que la blogosphère catholique en France est plutôt de droite. Cela confirmerait les sondages selon lesquels l'électeur catholique hexagonal serait plus à droite que la moyenne de ses compatriotes ; nous avons déjà parlé de cette pesanteur, qui s'explique par le passé et la sociologie... alors que la droite française (partis, gouvernement) est loin de répondre – sauf exception – à ce que souhaite la pensée sociale chrétienne. A propos de la doctrine sociale de l'Eglise, justement, La Croix trouve que les blogs catholiques en parlent moins que de morale. Vrai ? En tout cas ce n'est pas l'attitude de notre blog, dont l'engagement social est clair et net. Nous faisons systématiquement écho : a) aux signes des temps, délocalisations, licenciements boursiers, luttes sociales ; b) aux positions sociales du Magistère ainsi qu'à ses interventions économiques et écologiques, souvent à l'opposé de ce qui s'enseigne dans les écoles de commerce du capitalisme financier. La Croix pense que les blogs catholiques mettent avant tout l'accent sur la « défense » de l'Eglise. Je ne crois pas que ce soit vrai de notre blog, ni de plusieurs qui lui sont proches. « Défendre » l'Eglise contre quoi ? Contre les préventions d'une grande partie de l'opinion française, qui prend les catholiques (croyants) pour des sectaires ? L'opinion, voilà effectivement le domaine des blogs... Mais le mot « défense » est inadapté, et la mentalité défensive est contre-performante ! Il ne s'agit pas de se défendre, voire de défendre l'Eglise. Il s'agit de dissiper les quiproquos, et de toucher les coeurs et les intelligences. On n'y arrive pas en prenant des postures défensives. Jésus Christ n'a pas dit : « allez et défendez l'Eglise ». Il a dit : « allez et proclamez l'Evangile à toutes les créatures ». Proclamer l'Evangile implique de le vivre, comme l'indique la première lettre de Pierre : « Soyez toujours prêts à justifier votre espérance devant ceux qui vous en demandent compte. Mais que ce soit avec douceur et respect... afin que, sur le point même où l'on vous calomnie, ceux qui décrient votre bonne conduite en Christ soient confondus. » Accusés de sectarisme, les chrétiens doivent pouvoir montrer – par leur propre vie – qu'ils ne sont pas des sectaires. Cela ne peut se montrer que par des moyens appropriés, sans esprit de parti, sans triomphalisme (particulièrement déplacé par les temps qui courent), et sans animosité envers ceux qui ont mauvaise impression des catholiques et du catholicisme. C'est difficile ? Oui. C'est nuancé ? Oui. Ca exige une prise de distance par rapport à soi-même et à son milieu ? Oui. Mais le témoignage évangélique est ainsi ; agir autrement serait un contre-témoignage. Et quand je dis ça, je ne fais que répéter ce que nous dit l'Eglise. Cette question des moyens et des attitudes, il est urgent d'en débattre : c'est une question grave et qui engage la fidélité à la foi ; fidélité qui n'est pas cri de guerre mais méfiance vis-à-vis de nous-mêmes, et bienveillance envers l'autre. La pire des illusions serait de foncer tête baissée sur la scène publique sans se demander quel effet on fait. Certains disent : « peu importe d'être mal vus par les gens, regardez le pape, il choque et ça ne le gêne pas. » Cet argument est triplement faux. Primo, « les gens » ne sont pas forcément choqués par ce que dit et fait le pape : cf le voyage en Angleterre. Secundo, le pape n'est pas du tout indifférent à la réception de son message ! Il souffre quand on juge mal ce qu'il fait ou ce qu'il dit. Car, tertio, ce que le pape dit et fait est selon l'Evangile du Christ. Il ne distribue pas de soupe au cochon pour rejeter une partie des pauvres, il ne demande pas qu'on jette les migrants à la mer, il ne prône pas l'ethnicisme, il ne ferme pas les yeux sur l'injustice sociale et la tyrannie de la finance, il ne plaide pas pour les collabos des années 1940, et il ne mélange pas ces infamies avec la « défense de la vie ».

Je pense citer notre journaliste assez longuement pour qu’on ne m’accuse pas de le faire hors-contexte. Sur le combat pro-vie : Il est étrange que notre journaliste se garde bien de parler de « l’autre Marche pour la vie, celle que Renaissance Catholique organise en octobre, en complément en quelque sorte à celle ouverte à tous de janvier, ouvertement priante et confessionnelle et réunissant donc des « extrémistes » qui ne dissimulent pas leurs objectifs politiques. Car cette Marche catholique bénéficie de soutiens romains, celui, notamment, de Mgr Fisichella, ancien président de l’Académie Pontificale pour la Vie et préfet du dicastère pour la Nouvelle évangélisation . Mais, nous dirait notre journaliste, peut-être est-ce pour « recadrer » ces abominables extrémistes ou « clarifier » leurs manifestations, ce qui, au vu des déclarations nettes, précises et répétées des Souverains Pontifes contre la culture de mort et tout particulièrement contre l’avortement, n’est pas particulièrement crédible. Il me semble que cette attitude vis-à-vis du mouvement pro-vie (que notre journaliste, semble-t-il, condamnait assez durement il y a quelque temps), éclaire bien la voie préconisée par notre blogueur modèle. Je me souviens l’avoir entendu, l’année dernière, dans un « grand débat » de Radio Notre-Dame, critiquer la nouvelle législation homosexualiste du Royaume-Uni, non parce qu’il la voyait en elle-même comme une structure de péché, comme dirait Jean-Paul II, mais parce que, par certains aspects, elle représentait une violence faite à la liberté de l’Eglise.