La rébellion dans l’Église est toujours l’œuvre du Malin, même si on se rebelle contre ce qui s’apparente à l’œuvre du Malin.
Encore faudrait-il être sûr qu’il s’agit d’une rébellion contre l’Église. Depuis les premiers désordres consécutifs à Vatican II, on peut dire que toutes les réponses venues de Rome se résument à la consigne “obéissez à vos évêques”. Je comprendrais cette position, qui rejoint apparemment celle de l’abbé Michel, si la foi n’était pas en jeu. Alors oui, entièrement d’accord : même si la décision de l’évêque est injuste, ses subordonnés ont le devoir de lui obéir en tout ce qui n’est pas un péché. Mais dès lors que l’enseignement de l’évêque s’écarte de la foi, ce devoir cesse par le fait même, et c’est l’Église qui nous le confirme. Saint Robert Bellarmin (De Romano Pontifice, II, 30) rapporte à ce propos la sentence du pape saint Célestin Ier à l’encontre du patriarche Nestorius :L’autorité de Notre Siège Apostolique a déterminé que l’évêque, le clerc ou le simple chrétien qui a été déposé ou excommunié par Nestorius ou ses partisans après que ce dernier eut commencé de prêcher l’hérésie, ne seront considérés ni comme déposés, ni comme excommuniés. Car celui qui a rompu avec la foi par de tels prêches n’est habilité à déposer ou excommunier personne.
Et je précise, à toutes fins utiles, qu’au moment où Nestorius déposait et excommuniait ces chrétiens fidèles, il n’était encore ni déposé ni excommunié par le pape... V.