Attention, je le crois, à la notion de dignité.
Scrutator Sapientiæ -  2011-01-25 00:41:21

Attention, je le crois, à la notion de dignité.

Bonsoir à jejomau, 1. Dans l'ensemble et sur le fond, je suis d'accord, mais attention, je le crois, à la notion de dignité : il y aurait, en effet, pour certains d'entre nous - d'un côté, l'avortement et l'euthanasie, qui seraient indignes, - de l'autre côté, la défense de la dignité de la personne humaine, depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle. 2. Mais ce n'est pas exactement comme cela que les choses se passent, à l'intérieur des représentations mentales : - l'avortement est mis en avant comme une conquête, juridique et médicale, législative et procédurale, mais aussi, en un sens, existentielle, sinon axiologique, du sujet souverain ; dans l'ordre d'idées qui régit cette matière, et dans l'absolu, ce qui est indigne, c'est de donner la vie à un enfant non désirable ou non désiré ; - l'euthanasie, c'est le droit de choisir sa propre mort, toujours avec cette idée selon laquelle le sujet est souverain, plus souverain qu'un monarque absolu, qui avait au moins des comptes à rendre à Dieu, mais c'est aussi le droit de mourir dans la dignité, en amont d'une déchéance inacceptable, et pas seulement d'une douleur, d'une souffrance, insupportables, car c'est indigne de laisser quelqu'un souffrir ou vieillir comme cela. 3. Certes, personne n'est dupe, pas même Serge JULY, ce lundi soir, sur RTL, en ce qui concerne la récente proposition de loi d'origine sénatoriale ; pour autant, j'élargis le sujet, alors que l'Eglise dit sans cesse son attachement aux droits de l'homme, et met sans cesse en avant les points non négociables, en matière morale, elle aura peut-être du mal à se faire comprendre, je ne dis pas : à se faire approuver, le jour où le droit à l'avortement et le droit à l'euthanasie auront rejoint, dans les esprits et dans les textes, les droits de l'homme. 4. C'est la raison pour laquelle je pense qu'il faut considérer les choses de plus haut et de plus loin : il y a les droits de Dieu sur l'homme, et il y a les droits de l'homme sans Dieu, y compris dans le domaine des sources et du terme de la vie. 5. Les droits de Dieu sur l'homme, dans le cadre du christianisme catholique, c'est le point de rencontre, en Jésus-Christ, du sens de la loi divine et du sens de la personne humaine, c'est ce que Jean-Paul II appelle, dans Veritatis Splendor, une théonomie participée, - une théonomie qui requiert la participation active et concrète, libre et responsable, de l'homme, et non - une théocratie qui requiert la soumission du coeur et des moeurs de l'homme à des interdits et à des prescriptions qui le brident et l'encouragent à tenter de brider les autres hommes. 6. Et les droits de l'homme sans Dieu, sans le seul vrai Dieu, c'est l'anthropolâtrie, c'est l'athéocratie, c'est le règne de la volonté d'errance, de jouissance et de puissance, c'est la soumission de la Psyché à la Techné. 7. Pour la même raison, que j'appellerai un déficit de démarcation programmatique, quand on recourt aux mêmes expressions que l'interlocuteur non chrétien, en essayant de les christianiser malgré elles, ou malgré lui, je considère avec un esprit sceptique, voire critique, tout discours catholique mettant - par trop en avant la dignité, la liberté, la solidarité, comme s'il s'agissait de vertus "anthropologales" qui ne peuvent être, dans l'esprit de certains, que chrétiennes, chez les chrétiens, et que para ou quasi chrétiennes, chez les non chrétiens, - par trop en retrait la Foi, l'Espérance, la Charité, les trois vertus surnaturelles théologales, qui sont à la fois l'origine et le couronnement de toute véritable liberté responsable dans le Christ. Mille excuses, si j'ai été par endroits, "l'avocat du diable", et bonne nuit à jejomau. Scrutator.