Ouh la la !
iktus310 -  2011-01-23 21:21:49

Ouh la la !

Que de travail vous me donnez, à peine rentré de la marche sur la vie ! Je vais essayer de répondre brièvement aux uns et aux autres. A notre chère Gentiloup : Benoît XVI tendrait à l'ennemi la joue de nos frères dans le Christ en portant la confusion entre le vrai Dieu en trois Personnes et le ou les dieux des fausses religions ? Outre le fait que sur la question qui nous occupe, le rapport avec la notion de "tendre la joue" me paraît tiré par les cheveux, Benoît XVI, dans l'appel que j'ai cité, ne sème aucune confusion de cet ordre. Il appelle à servir la cause de la paix. Curieusement : lorsqu'une bombe explose dans une église à Bagdad ou à Alexandrie, on élève la voix (à juste titre) pour demander aux responsables musulmans qui se présentent comme raisonnables, comme Dalil Boubakeur, de dénoncer vigoureusement et explicitement les criminels qui ont commis ces atrocités. On a pu voir ce genre d'appels salués sur le Salon Beige notamment. Et lorsque c'est le pape qui demande aux responsables d'autres religions de s'engager pour la paix, ce serait un scandale ? A Ennemond : la caricature que vous dénoncez n'est pas tirée de mon intervention, plutôt de votre imagination. Je n'ai jamais porté les accusations que vous citez contre ceux qui "récusent" Assise. A Luc Perrin : tout d'abord, je m'étonne que l'on puisse fonder ses espoirs sur la montée de l'intolérance islamiste, en tablant sur le fait que davantage de crimes sanglants pourraient enfin ramener le pape à la raison !... Ensuite, quel rapport entre Assise et 1985 années sourdes aux commandements du Christ ou infidèles ? Où Jean Paul II aurait-il enseigné cela ? Ou Benoît XVI ? Quant aux risques évoqués par Jean Paul II de rupture avec Mgr Lefebvre et d'indifférentisme, ils montrent simplement la lucidité de notre ancien pontife. Mais ce n'étaient pas des motifs suffisants pour renoncer à une mesure qu'il estimait juste (à tort ou à raison), simplement ces obstacles devaient conduire à davantage de pédagogie. Enfin, vous parlez du recul que nous aurions pour évaluer négativement cette initiative. Manifestement, les critères d'évaluation de Benoît XVI ne sont pas les vôtres. Peut-être estime-t-il qu'il n'existe pas d'alternative au dialogue pour la paix avec les interlocuteurs des autres religions. Reste à choisir la forme appropriée et là, je ne m'estime pas compétent pour porter un jugement sur Assise, tout en comprenant les réticences que suscite ce type de rencontre. A priori, j'aurais assez tendance à faire confiance à Benoît XVI, pour la raison exposée par Yves Daoudal. Le risque de confusion invoqué par les opposants à Assise sont réels. Mais pour moi, il ne condamne pas l'initiative papale en tant que telle. Il souligne plutôt les graves carences doctrinales qui existent au sein même de l'Eglise, et le manque de bons pasteurs capables d'éduquer les chrétiens à une juste doctrine sur ces sujets. Et les opposants à Assise contribuent eux aussi à entretenir les confusions doctrinales. Observons au passage qu'au quatorzième siècle, un dialogue interreligieux avait eu lieu entre l'empereur chrétien Manuel II Paléologue et un musulman persan, auquel Benoît XVI a fait référence dans son discours de Ratisbonne. Ce n'est donc pas totalement nouveau. Même si les thèmes traités étaient différents et même si l'empereur n'était pas le pape. L'empereur a-t-il été excommunié pour avoir osé dialoguer avec un mahométan ?