Oui M Perrin
Aigle -  2011-01-23 17:02:31

Oui M Perrin

Vous avez totalement raison. Pour autant que je puisse le comprendre, le bienheureux pape Jean-Paul II avait à Assise n°1 un objectif politique : empêcher les pouvoirs politiques d'utiliser les institutions et convictions religieuses pour faire la guerre et réciproquement orienter ces mêmes institutions et convictions à travailler à la paix dans le monde. Pourquoi pas ? faire oeuvre de paix est une des vocations du chrétien - même si on peut être sceptique sur notre capacité à créer un monde sans violence sur cette terre. Et si on peut douter que le pacifisme intégral soit conforme à la Tradition catholique (qui admet tout de même quelques hypothèses de "guerre juste") et encore plus aux autres traditions (le judaïsme ou l'islam admettent plus facilement la nécessité voire l'utilité de la guerre). Ce qui me semble gênant c'est de dépasser l'échange theologico-ethique entre intellectuels ou entre chefs religieux et de "prier ensemble" laissant penser que ce qui nous sépare est moins grand que ce qui nous unit. Certes nous croyons aumêmeDieu que les Juifs et Jésus ou les apôtres praient dans les synagogues dont ils furent chasés contre leur gré. Certes on peut admettre que notre Dieu est celui qu'adorent les musulmans (même s'ils couvrent sa nature trinitaire d'un voile opaque). Mais même dans ces cas, est il raisonnable d'afficher en commun des gestes de piété ? cela n'est il d'ailleurs pas gênant aussi pour nos invités : musulmans ou juifs ont ils le droit de prier avec nous non seulement de notre point de vue ? mais aussi du leur ? Et jusqu'où va cet appel aux hommes de bonne volonté ? les adorateurs du poireau cru ont ils le droit de venir à Assise ? les druides ? les athées ? En conclusion, je voulais ajouter qu'en 1986 (Assise 1) le principal danger pour la paix était l'expansionisme soviétique - or la religion communiste n''y était pas conviée et ne serait certainement pas venue. Aujourd'hui les religions menacent elles la paix ? vaste débat dont les conclusions sont délicates à établir ...