Choisir entre deux proximités spirituelles bien différentes.
Scrutator Sapientiæ -  2011-01-23 00:40:16

Choisir entre deux proximités spirituelles bien différentes.

Bonsoir Athanase, Compte tenu de ce que je crois avoir compris du texte de Monsieur l'Abbé LORANS, j'ai retenu ce qui suit, mais j'espère ne pas me tromper dans cette tentative de restitution de la substance de son propos. Si le pire se confirme, et le pire serait un Assise 2011 le moins éloigné possible de l'esprit d'Assise 1986, il nous faudra choisir, en définitive, entre deux proximités spirituelles, aux formes bien différentes, mais aussi aux contenus bien différents : - nous mettre en proximité spirituelle avec nos frères chrétiens d'Orient et d'Asie, avec nos frères dans la Foi en Jésus-Christ, nos frères qui souffrent à cause de leur Foi, sans pour autant aller sur place, en Irak ou au Pakistan, OU - nous mettre en proximité spirituelle avec nos "frères" croyants, de toutes les religions et traditions sapientielles et spirituelles, qui viendront "prier", en faveur de la paix dans le monde, à Assise, dans le respect mutuel de leurs convictions respectives, sans pour autant aller sur place, en Italie. Ce que j'ai fait aussitôt remarquer, c'est ceci : au contact d'une telle alternative, il se trouvera sans doute des catholiques humanitaristes pour dire qu'à Assise comme ailleurs, et peut-être même plus qu'ailleurs, on sera également en proximité spirituelle, - non seulement avec les chrétiens victimes, non de l'Islam, mais des intégristes islamistes, - mais aussi avec les musulmans victimes, non du christianisme, mais des chrétiens extrémistes. Grâce à ce sophisme, le bon tour sera bien joué : l'on mettra le même poids rhétorique sur chacun des plateaux de la balance : - d'un côté, les non musulmans victimes du fait que des musulmans succombent à la tentation d'oublier que la religion musulmane est une religion partisane de la paix - de l'autre côté, les non chrétiens victimes du fait que des chrétiens succombent à la tentation d'oublier que la religion chrétienne est une religion promotrice de la paix. C'est un peu comme si un compagnon de route du PCF avait dit un jour : - de même que je condamne le fait que des Russes non communistes soient déportés puis enfermés dans des camps de concentration, en Sibérie, - de même, je condamne le fait que des Américains non libéraux soient déportés puis enfermés dans des camps de concentration, en Alaska. C'est-à-dire que tout cette affaire prospère, pas dans l'esprit de Benoît XVI, mais dans celui des amoureux de l'esprit d'Assise, - sur l'idée selon laquelle toutes les religions contribuent également ou spontanément à la paix, non seulement dans leurs rangs respectifs, mais aussi entre leurs rangs respectifs ; - sur l'idée selon laquelle un chrétien, qui recourt à la violence religieuse, contre un non chrétien, est aussi infidèle à Jésus-Christ, quand il passe à l'acte, qu'un musulman, qui recourt à la violence religieuse, contre un non musulman, est infidèle à Mahomet, quand il y recourt concrètement. Vous voyez bien, à partir de là, pour quelle raison le dialogue inter-religieux ne peut être considéré comme bénéfique par ceux qui comprennent, en conscience, à quel point cette mise à égalité - d'une part, est offensante, pour le message et la personne de Jésus-Christ, - d'autre part, est encourageante et enthousiasmante, pour tous ceux qui ont intérêt à maintenir un voile trompeur sur une partie des usages et du visage de l'Islam, afin que l'opinion publique n'exerce pas son droit de savoir, partout où les musulmans non modérés sont encore minoritaires, en tout cas pour l'instant. Bonne nuit et au plaisir de vous relire. Scrutator.