Exhorter à la convergence englobante ou à la conversion sanctifiante ?
Scrutator Sapientiæ - 2011-01-22 23:04:15
Exhorter à la convergence englobante ou à la conversion sanctifiante ?
Bonsoir Véronique,
Personne n'est obligé d'apprécier ni d'approuver ma formulation de la problématique, mais il me semble que chacun peut comprendre qu'il y a une différence de nature
- entre l'exhortation à la convergence englobante, qui consiste à mettre toutes les religions sur le même plan...de travail, au service de la paix, sans la moindre tentative d'invitation des non chrétiens à une perspective de renoncement à quelque conviction erronée que ce soit,
- et l'exhortation à la conversion sanctifiante, qui consiste à s'adresser, non à des représentants ou responsables de religions, mais à des personnes, y compris à des personnes qui sont "déjà" catholiques, sous un angle confessionnel, pour les exhorter à ouvrir toujours mieux et plus leurs coeurs et leurs moeurs sur l'Amour et sur la Lumière, incarnés par celui qui est la Voie, la Vérité, et la Vie, donc par le Fils du seul vrai Dieu, Père, Fils, Esprit.
En un sens, le concept de DIEU que vous employez est indéterminé ; vous semblez voir dans cette indétermination surnaturelle - théologale le fondement altruiste, bienveillant, charitable, miséricordieux, d'une indiscrimination relationnelle - horizontale, un peu comme si, en présence des non chrétiens, plus on parle de DIEU, sans parler de Jésus-Christ, et plus on a de chances de faire preuve d'humilité, ou moins on a de risques de faire montre d'orgueil.
La maturité de la Foi, pendant plusieurs siècles, jusqu'à Vatican II, n'a-t-elle pas consisté au contraire à parler du Fils du seul vrai Dieu, y compris aux croyants non chrétiens, non par orgueil, mais par caritas veritatis, et, le plus souvent, aux risques et périls de ceux qui voulaient bien en parler, et non à ceux qui ne voulaient pas les entendre ?
Par ailleurs, les croyants non chrétiens et non violents, y compris des musulmans, qui ne sont pas tous, Dieu merci, pleinement fidèles à l'ensemble des versets du Coran, n'ont-ils pas le droit, eux aussi, d'avoir accès à un autre discours chrétien, non orgueilleux mais courageux (car dérangeant et non arrangeant, pour les partisans et les promoteurs de l'esprit du monde), sur le lien existant entre l'adhésion à la religion révélée et la construction de la paix au sein et entre les nations, y compris au sein des nations qui ne sont ni historiquement, ni juridiquement chrétiennes ?
Enfin, ne voyez-vous pas, dans l'attitude de Jean-Paul II sur cette question, la présence active d'un présupposé fondamental, consistant à aller vers "l'autre", le croyant non chrétien, comme on va vers un autre...soi-même, puisque l'on va alors à la rencontre, non d'un non croyant en Jésus-Christ, non d'un croyant non chrétien, mais d'un autre croyant en DIEU, au sens large, peut-être même un peu trop large ?
Je respecte votre sincérité, et je ne vous arrive probablement pas à la cheville, dans le domaine de la vie spirituelle ; mais enfin, il me semble que vous êtes en mesure de savoir et de comprendre, à la lumière des évènements récents, que la mystique du "dialogue inter-religieux facteur de paix" ne fonctionne pas d'une manière totalement satisfaisante, non seulement faute de fondements philosophiques et théologiques solides, mais aussi et surtout faute de réciprocité dans la volonté de dialoguer en période de crises, de tensions, inter-religieuses.
Bonne soirée et au plaisir de vous relire ; merci beaucoup de ne pas voir dans mon message une critique systématique de ce que vous avez écrit, mon objectif étant de partager avec vous quelques réflexions, car je n'ai pas "raison" et vous n'avez pas "tort", dans l'acception controversiste du terme, et les questions que je vous pose ne sont jamais que celles que je me pose aussi, sauf que nous n'y apportons sans doute pas les mêmes réponses.
Scrutator.