Brutus - 2011-01-20 12:36:43
Pour être plus précis
Le planning familial et plusieurs associations féministes ont interpellé le 17 janvier 2011 le Premier ministre en exigeant qu'il fasse mieux appliquer les lois sur l'éducation sexuelle et l'interruption volontaire de grossesse (IVG).
Les avocats de la Coordination des associations pour le droit à l'avortement et à la contraception (CADAC), du Planning familial et de lAssociation nationale des centres dIVG et de contraception (ANCIC) ont adressé à François Fillon une lettre recommandée en ce sens pour « faire cesser, dans les meilleurs délais, ces illégalités ».
Ces associations se fondent sur un rapport de linspection générale des affaires sociales (IGAS) doctobre 2009 constatant une « application partielle et inégale » des lois sur lIVG.
Le Premier ministre dispose dun délai de deux mois pour y répondre, au-delà duquel les associations saisiraient le Conseil dEtat.
Non application de la loi du 4 juillet 2001 Les associations dénoncent notamment la non application de la loi du 4 juillet 2001 rendant obligatoire une information et une éducation à la sexualité dans les établissements scolaires du primaire au secondaire.
Le droit des jeunes à un accès gratuit, confidentiel et autonome à la contraception « leur est tout simplement dénié », soulignent les avocats.
L'accès à lIGV est inégal sur lensemble du territoire, notamment en raison du désengagement du secteur privé car lacte est manifestement « sous-tarifé » puisquil est payé au forfait 356 , contre 600 pour une fausse couche spontanée.
« Nous demandons lapplication de la loi sans discrimination géographique ou d'âge », a souligné Danielle Gaudry, du Planning familial.
De 729 en 2000 à 639 en 2006 - Selon le rapport de lIGAS, le nombre détalissements réalisant des IVG a diminué, passant de 729 en 2000 à 639 en 2006 sur lensemble du territoire français. La part du secteur public est passée en 15 ans (de 1990 à 2005) de 60% à 74%.
Les fermetures de petits services se sont accentuées depuis, ce qui restreint dautant laccès à lavortement, notamment en Ile-de-France (124 en 2006 contre 176 en 1999) et en Provence-Alpes-Côte-dAzur.
Les associations, soutenues notamment par la député communiste Marie-George Buffet et la sénatrice communiste Odette Terrade, se sont donc félicitées de la réouverture « actée » du centre IVG de lhôpital Tenon à Paris (20e), après de nombreux mois de lutte pour sopposer à sa fermeture.
Chaque année la France comptabilise environ 200.000 avortements pour 800.000 naissances, mais il y a toujours 3.000 à 4.000 femmes qui se font avorter à létranger faute de pouvoir le faire ici, regrette le Planning familial.
Vale