Eclairage ?
Meneau -  2011-01-19 22:43:36

Eclairage ?

Effectivement, le mariage est premier en fait, et donc en droit. Le diacre marié se devra donc d'abord à sa famille. D'ailleurs l'Eglise prescrit qu'il devra d'abord, avant d'être admis au diaconat, avoir fait la preuve d'une vie de famille exemplaire. Le diacre marié est-il obligé à la continence parfaite ? De l'avis de beaucoup de canoniste, ce n'est pas le cas. Le canon 277 ne semble pas inclure les diacres mariés :

Les clercs sont tenus par l’obligation de garder la continence parfaite et perpétuelle à cause du Royaume des Cieux, et sont donc astreints au célibat, don particulier de Dieu par lequel les ministres sacrés peuvent s’unir plus facilement au Christ avec un cœur sans partage et s’adonner plus librement au service de Dieu et des hommes.

Le "et donc" est important. Les clercs seraient tenus à la continence, et donc (par conséquent) astreints au célibat. Les diacres mariés n'étant évidemment pas astreints au célibat, la relation de cause à effet n'aurait pas de sens pour eux. On peut ajouter le canon 1037 :

Can. 1037 – Celui qui doit être promu au diaconat permanent en n’étant pas marié, et de même celui qui doit être promu au presbytérat ne seront pas admis à l’ordre du diaconat s’ils n’ont pas, selon le rite prescrit, publiquement devant Dieu et devant l’Église, assumé l’obligation du célibat, ou s’ils n’ont pas émis les vœux perpétuels dans un institut religieux.

Les diacres mariés sont à nouveau exclus du champ d'application de ce canon. Par ailleurs, les Normes fondamentales pour la formation des diacres permanents précisent :

Le diacre marié doit percevoir particulièrement qu'il a la responsabilité d'offrir le témoignage évident de la sainteté du mariage et de la famille. Plus le diacre et son épouse grandiront dans l'amour mutuel, plus forte sera leur donation envers leurs enfants et plus significatif sera leur exemple pour la communauté chrétienne. « L'enrichissement et l'approfondissement de l'amour-sacrifice réciproque entre mari et femme est peut-être l'implication la plus significative que la femme du diacre puisse avoir dans le ministère public de son mari dans l'Église ». (222) Cet amour grandit grâce à la vertu de chasteté, qui fleurit toujours — y compris à travers l'exercice de la paternité responsable — dans l'apprentissage du respect pour le conjoint et dans la pratique d'une certaine continence. Cette vertu favorise une maturité de donation qui se traduit rapidement dans le ministère : elle permet d'échaper aux attitudes possessives, à l'idolâtrie de la réussite professionnelle et à l'incapacité d'organiser son temps ; elle favorise au contraire des relations personnelles authentiques, la délicatesse, la capacité à donner à chaque chose la place qui lui revient.

En revanche, tous les canonistes sont d'accord pour dire que : - le diacre célibataire ne peut se marier - le diacre marié qui devient veuf ne peut se remarier (dispenses possibles si enfants à élever, ou autres) Les Normes sus-citées précisent :

Plus spécialement, le diacre veuf devra être aidé à garder la continence parfaite et perpétuelle à laquelle il est tenu, (225) et à comprendre les profondes raisons ecclésiales qui rendent impossible son remariage (cf. 1 Tm 3, 12), en conformité avec la discipline constante de l'Église d'Orient comme de celle d'Occident. (226)

La note 225 est une référence au CIC 277. Cette référence est présente 3 fois, 2 fois pour le cas des célibataires, et une fois pour le cas des veufs. Elle n'est en revanche présente que là, et nulle part dans le cas des diacres mariés. L'étude d'E. Peters présente effectivement l'avis inverse : comme quoi le droit canon obligerait les diacres même mariés à la continence parfaite. Cette étude est présentée comme ayant pour but soit une modification du droit canon pour dispenser explicitement de la continence, soit une formation claire des diacres permanents sur cette obligation. Une clarification serait peut-être effectivement nécessaire. Cordialement Meneau