Petit manuel pour les diacres et laïcs
Bernard Joustrate - 2011-01-16 10:33:55
Petit manuel pour les diacres et laïcs
L'Alsace
Petit manuel pour les diacres et laïcs
François Wernert et Marcel Metzger, les auteurs du petit manuel à l’usage des laïcs et diacres remplaçants des prêtres. Photo A. F.
Deux prêtres, Marcel Metzger, ancien professeur d’histoire de la liturgie, et François Wernert, maître de conférences en théologie pastorale à l’Université de Strasbourg, ont écrit un ouvrage consacré aux célébrations dominicales de la Parole.
Marcel Metzger, comment est né cet ouvrage ?
M. M. : Ce recueil est le fruit de constats et de mon expérience de curé à Bergbieten [Bas-Rhin], où il m’arrive quelquefois d’être absent un dimanche. Par le passé, je faisais appel à un collègue pour me remplacer. Maintenant, je demande à une équipe de paroissiens d’organiser une célébration de la Parole.
Mais il existe aussi des situations où, à 10 h moins deux, le prêtre est absent, n’ayant pas pu venir pour une raison quelconque. Et les paroissiens se retrouvent à l’église à se demander ce qu’ils vont faire. Je souhaitais alors mettre entre leurs mains un livre pour une célébration de la Parole en l’absence de prêtre. L’idée est de leur permettre de ne pas repartir et de célébrer le dimanche, même en cas d’imprévu et sans avoir à trop improviser.
François Wernert, pour quelle raison avez-vous accepté cette première collaboration ?
F. W. : Je suis convaincu depuis très longtemps de la nécessité des rassemblements dominicaux. J’ai pu vivre cela pour la première fois en 1975, dans le secteur de Soufflenheim. Un prêtre est décédé à Fort-Louis (Bas-Rhin), le curé Boell a alors constitué une petite équipe. De là, nous avons très régulièrement monté et organisé des Adap [assemblées dominicales en l’absence de prêtre]. Sinon, il n’y aurait rien eu.
Et quand j’étais responsable diocésain de la liturgie entre 1991 et 2002, j’avais aussi ce souci des Adap, mais très peu de soutien.
Ces Adap ou célébrations de la Parole sont-elles le reflet de la crise des vocations dans l’Église catholique ?
M. M. : Disons plutôt qu’elles sont un remède ou un palliatif, les responsables ecclésiastiques n’étant pas en mesure d’envoyer des prêtres. À défaut de célébrer l’eucharistie, on donne la possibilité aux paroisses de célébrer au moins la Parole. Le nombre d’eucharisties ne fait que diminuer parce qu’il n’y a pas de prêtres en nombre suffisant. Pour moi, c’est le premier problème.
Je fais cet ouvrage faute de mieux. Je préférerais qu’il y ait des prêtres dans toutes les paroisses. Ce que Jésus a prévu, et ce que les premiers siècles chrétiens ont mis en place, c’est une eucharistie…
Quel est l’enjeu du rassemblement dominical ?
M. M. : On peut déjà rappeler le vœu de l’évêque, qui souhaite qu’il y ait régulièrement des assemblées dominicales dans les églises paroissiales. Cette demande vient aussi des populations, parfois des municipalités. Il faut y prêter attention car ces dernières disent : « À quoi bon investir pour maintenir une église, si elle ne sert plus ? » La nécessité ne va qu’augmenter. En ville, les paroisses auront toujours des prêtres, mais dans les campagnes…
F. W. : Aujourd’hui, il existe de gros secteurs ruraux ou des villages qui n’ont plus régulièrement d’assemblée dominicale, qu’il s’agisse d’une messe ou d’une célébration de la Parole. On a sous-estimé les réticences au déplacement. Partout en France, très peu de gens se déplacent. Les personnes âgées et les enfants sont laissés-pour-compte.
Propos recueillis par A. F.
LIRE Célébrations dominicales de la Parole, Recueil de l’assemblée, Éd. du Signe, 103 pages, 5,90 €.