dans ma cour de récréation, je ne comprends pas
Luc Perrin -  2011-01-15 18:40:36

dans ma cour de récréation, je ne comprends pas

pas bien votre citation dans son rapport à la question du "scandale" et moins encore la réponse de l'abbé Laguérie. La question est d'abord d'identifier l'iniquité. L'erreur de Luther n'est pas de se scandaliser, de défier l'iniquité - bien sûr qu'il faut le faire -, c'est d'avoir mal apprécié la nature de ladite iniquité. Au demeurant, en posant dogmatiquement la question des indulgences, en interdisant notamment tout aspect financier, le concile de Trente a bien réformé un scandale qui était la cause apparente de la réaction "scandalisée" de Luther. Etre scandalisé, c'est avoir le sens du péché, être en capacité de le voir, de l'identifier et refuser de s'en faire le complice passif. L'apologie de la non assistance à pécheur en danger ne me paraît pas faire partie de la théologie ni même de l'éducation chrétienne de base. Ou bien les mots n'ont plus aucun sens et ça, même dans la cour de récréation, cela jette le trouble. Les papes qui usent couramment du mot "scandaleux", sont donc magistériellement scandalisés par l'hérésie ou le péché, ils seraient ... de graves pécheurs ? L'expression "sainte colère" serait fausse ? Par exemple, Pie VI dans Auctorem fidei (1794) stigmatise certaines propositions du Synode janséniste de Pistoie comme "fausses, captieuses, téméraires, scandaleuses, injurieuses à l'égard des pontifes romains" (voir Denzinger). On trouverait bien des exemples ; de même Innocent XI condamne le quiétisme en 1687 et au n°10 cette affirmation : "Si par ses propres fautes on scandalise les autres, il n'est pas nécessaire d'y réfléchir dès lors qu'il n'y a pas volonté de scandaliser ; et ne pas pouvoir réfléchir à ses propres défauts est une grâce de Dieu." Ce ne sont pas "les autres" qui sont condamnés pour s'être scandalisés des fautes commises... nb. François d'Assise incarne une approche de la vie chrétienne admirable. Ce n'est pas la seule et il y a bien des saints qui ont défié l'iniquité et ont reçu pour cela la palme du martyre. D'ailleurs quand François rompt si ostensiblement et radicalement avec les codes sociaux de son temps, il défie à sa manière l'iniquité ce me semble. On pourrait discuter longuement l'analyse de Bernanos, homme qui ne se scandalisait jamais lui-même sauf quand il écrivait Grands cimetières sous la lune (1938) et quelques autres écrits ...