Dimanche: Noces de Cana & témoignage de Jean (Bréviaire)
Alexandre -  2011-01-15 17:43:27

Dimanche: Noces de Cana & témoignage de Jean (Bréviaire)

Noces de Cana, par Gérard David (vers 1501-1502), Musée du Louvre I. BRÉVIAIRE ROMAIN (1568-1955) DEUXIÈME DIMANCHE APRÈS L’ÉPIPHANIE Premier Nocturne Commencement de la seconde Épître de saint Paul, apôtre, aux Corinthiens (ch. 1) 1. (vv. 1-5) Paul, apôtre du Christ Jésus de par la volonté de Dieu, et Timothée, notre frère, à l’Église de Dieu établie à Corinthe, ainsi qu’à tous les saints qui se trouvent dans l’Achaïe entière; à vous grâce et paix de par Dieu, notre Père et le Seigneur Jésus-Christ! Béni soit Dieu, le Père de Jésus-Christ notre Seigneur, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous réconforte dans toutes nos épreuves afin que, réconfortés par Dieu; nous puissions nous-mêmes réconforter ceux qui subissent toutes sortes d’épreuves. De même que les souffrances du Christ abondent pour nous, de même, par le Christ, abonde aussi notre réconfort. 2. (vv. 6-7) Si nous sommes éprouvés, c’est pour votre réconfort et votre salut: si nous sommes réconfortés, c’est pour votre réconfort, qui vous permet de porter avec constance les mêmes souffrances que nous endurons nous aussi. Et nous avons pour vous une ferme espérance: nous savons que, partageant nos souffrances, vous partagerez aussi notre réconfort. 3. (vv. 8-11) Car nous ne voulons pas, frères, vous le laisser ignorer: la tribulation qui nous est survenue en Asie nous a accablé à l’extrême, au-delà de nos forces, à tel point que nous désespérions même de conserver la vie. Vraiment nous avons porté en nous-même notre arrêt de mort, afin d’apprendre à ne pas mettre notre confiance en nous-mêmes mais en Dieu, qui ressuscite les morts. C’est lui qui d’une telle mort nous a délivré et nous délivrera; oui, nous avons en lui cette espérance qu’il nous délivrera encore. Vous-mêmes nous aiderez par la prière; et ainsi ce bienfait, qu’un grand nombre de personnes nous auront obtenu, sera pour un grand nombre motif d’action de grâces à notre sujet. Deuxième Nocturne Conversion de saint Paul, par le Caravage ([1600] Chapelle Gerasi, Santa Maria del Popolo, Rome) Sermon de saint Jean Chrysostome (Préface sur les Épîtres de s. Paul; cf. PG 60, 391) 4. Lorsque j’écoute assidûment la lecture des Épîtres de saint Paul, – et cela souvent deux, trois et même quatre fois par semaine, chaque fois que nous célébrons les mémoires des saints martyrs –, j’exulte de joie, je jouis de cette trompette spirituelle, je suis transporté et enflammé de désir en reconnaissant cette voix qui m’est chère; il me semble presque voir le saint présent et l’entendre parler! Et pourtant je m’afflige et je supporte avec peine que tous ne connaissent pas ce grand homme comme il mérite de l’être; bien plus, certains – et ils sont nombreux – l’ignorent au point de ne pas même savoir exactement le nombre de ses Épîtres. Or, cela provient non de leur incapacité, mais de ce qu’ils ne veulent pas avoir assidûment entre les mains les écrits de cet homme bienheureux. 5. Nous-même, en effet, ce que nous en savons, – si tant est que nous en sachions quelque chose –, nous ne le devons pas à l’excellence ou à la pénétration de notre esprit, mais parce que nous éprouvons beaucoup d’affection pour ce grand homme, nous ne nous arrêtons jamais de le lire. En effet, ceux qui aiment connaissent mieux que tous les autres les faits et gestes de ceux qu’ils aiment, parce qu’ils se préoccupent d’eux. Cela, le bienheureux nous le montre en quelque sorte lorsqu’il écrit aux Philippiens: «Il est juste que j’aie ces sentiments envers vous tous, parce que je vous porte dans mon cœur, aussi bien dans mes chaînes que dans la défense et l’affermissement de l’Évangile» (Ph 1, 7). 6. C’est pourquoi, si vous aussi vous voulez vous appliquer diligemment à cette lecture, il ne vous faudra point chercher autre chose. Elle est vraie, en effet, la parole du Christ: «Cherchez, et vous trouverez; frappez et l’on vous ouvrira» (Mt 7, 7; Lc 11, 9). Par ailleurs, un grand nombre de ceux qui sont rassemblés ici avec nous, chargés de l’éducation d’enfants, du soin d’une épouse, de l’entretien d’une famille, ne peuvent s’adonner tout entiers à ce travail. Mais excitez-vous à profiter au moins de ce que d’autres ont recueilli; dépensez autant d’effort pour écouter ce qui est dit, que pour gagner de l’argent, car il est honteux de ne pas exiger de vous plus d’empressement mais il sera déjà souhaitable que vous en accordiez au moins autant! Troisième Nocturne Les noces de Cana, Très Riches Heures du duc de Berry (Musée Condé, Chantilly) Lecture du saint Évangile selon saint Jean (2, 1-11; tr. du Lectionnaire de 1964) 7. En ce temps-là, il y eut des noces à Cana de Galilée, et la mère de Jésus était là. Jésus aussi fut invité aux noces, ainsi que ses disciples. Le vin des noces venant à manquer, la mère de Jésus lui dit: «Ils n’ont plus de vin.» Jésus lui répondit: «Femme, que me veux-tu? Mon heure n’est pas encore venue.» Sa mère dit aux serviteurs: «Quoi qu’il vous dise, faites-le.» Or, il y avait là six jarres de pierre, destinées aux purifications des Juifs, et contenant chacune deux ou trois mesures. Jésus dit aux serviteurs: «Remplissez d’eau les jarres.» Et ils les remplirent jusqu’en haut. Il leur dit: «Puisez maintenant, et portez-en au maître du repas.» Ils lui en portèrent. Le maître du repas goûta l’eau changée en vin, et il ne savait pas d’où venait ce vin, mais les serviteurs le savaient, eux qui avaient puisé l’eau. Il appelle donc l’époux et lui dit: «Tout le monde sert en premier le bon vin, puis, quand on est enivré, le moins bon. Toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant!» Tel fut le premier signe que Jésus accomplit; c’était à Cana de Galilée; il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui. Homélie de saint Augustin, évêque (Traités sur saint Jean 9, 2; texte latin: BA 71, 506.508) Invité, le Seigneur vient aux noces. En dehors même de toute signification mystique, il a voulu par là confirmer qu’il est lui-même l’auteur des noces. Il s’en trouvera plus tard pour interdire le mariage, – l’Apôtre les mentionne –, ils diront que les noces sont un mal, que le diable en est l’auteur. Tout au contraire, dans l’Évangile, le Seigneur, tandis qu’on l’interroge pour savoir s’il est permis de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif, affirme que c’est illicite, hormis le cas de fornication. Et dans sa réponse, si vous vous en souvenez, il dit ceci: «Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare point» (Mt 19, 6). 8. Ceux qui sont bien instruits dans la foi catholique savent que Dieu est l’auteur des noces. Et comme l’union provient de Dieu, ainsi le divorce provient du diable. Mais s’il est permis de renvoyer sa femme en cas de fornication c’est parce que, la première, elle refuse d’être épouse, celle qui ne garde pas la foi conjugale envers son mari. Celles-là mêmes qui vouent à Dieu leur virginité tiennent sans doute dans l’Église un rang plus élevé d’honneur et de sainteté, elles ne sont pourtant pas sans noces, car elles participent aux noces avec l’Église entière et dans ces noces, l’Époux, c’est le Christ. 9. Ainsi donc, invité, le Seigneur vient aux noces. C’est afin d’affermir la chasteté conjugale, mais c’est aussi pour manifester le mystère des noces. Car l’époux de ces noces figurait la personne du Seigneur. C’est à lui qu’il est dit: «Toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant» (Jn 2, 10). Le Christ, en effet, a gardé jusqu’à maintenant le bon vin, c’est-à-dire son Évangile. II. BRÉVIAIRE ROMAIN (1961) DEUXIÈME DIMANCHE APRÈS L’ÉPIPHANIE Au Nocturne Commencement de la seconde Épître de saint Paul, apôtre, aux Corinthiens (ch. 1) 1. (vv. 1-5) Paul, apôtre du Christ Jésus de par la volonté de Dieu, et Timothée, notre frère, à l’Église de Dieu établie à Corinthe, ainsi qu’à tous les saints qui se trouvent dans l’Achaïe entière; à vous grâce et paix de par Dieu, notre Père et le Seigneur Jésus Christ! Béni soit Dieu, le Père de Jésus Christ notre Seigneur, le Père des miséricordes et le Dieu de tout réconfort, qui nous réconforte dans toutes nos épreuves afin que, réconfortés par Dieu; nous puissions nous-mêmes réconforter ceux qui subissent toutes sortes d’épreuves. De même que les souffrances du Christ abondent pour nous, de même, par le Christ, abonde aussi notre réconfort. 2. (vv. 6-11) Si nous sommes éprouvés, c’est pour votre réconfort et votre salut: si nous sommes réconfortés, c’est pour votre réconfort, qui vous permet de porter avec constance les mêmes souffrances que nous endurons nous aussi. Et nous avons pour vous une ferme espérance: nous savons que, partageant nos souffrances, vous partagerez aussi notre réconfort. Car nous ne voulons pas, frères, vous le laisser ignorer: la tribulation qui nous est survenue en Asie nous a accablé à l’extrême, au-delà de nos forces, à tel point que nous désespérions même de conserver la vie. Vraiment nous avons porté en nous-même notre arrêt de mort, afin d’apprendre à ne pas mettre notre confiance en nous-mêmes mais en Dieu, qui ressuscite les morts. C’est lui qui d’une telle mort nous a délivré et nous délivrera; oui, nous avons en lui cette espérance qu’il nous délivrera encore. Vous-mêmes nous aiderez par la prière; et ainsi ce bienfait, qu’un grand nombre de personnes nous auront obtenu, sera pour un grand nombre motif d’action de grâces à notre sujet. Lecture du saint Évangile selon saint Jean (2, 1-11; tr. du Lectionnaire de 1964) 3. En ce temps-là, il y eut des noces à Cana de Galilée, et la mère de Jésus était là. Jésus aussi fut invité aux noces, ainsi que ses disciples. Le vin des noces venant à manquer, la mère de Jésus lui dit: «Ils n’ont plus de vin.» Jésus lui répondit: «Femme, que me veux-tu? Mon heure n’est pas encore venue.» Sa mère dit aux serviteurs: «Quoi qu’il vous dise, faites-le.» Or, il y avait là six jarres de pierre, destinées aux purifications des Juifs, et contenant chacune deux ou trois mesures. Jésus dit aux serviteurs: «Remplissez d’eau les jarres.» Et ils les remplirent jusqu’en haut. Il leur dit: «Puisez maintenant, et portez-en au maître du repas.» Ils lui en portèrent. Le maître du repas goûta l’eau changée en vin, et il ne savait pas d’où venait ce vin, mais les serviteurs le savaient, eux qui avaient puisé l’eau. Il appelle donc l’époux et lui dit: «Tout le monde sert en premier le bon vin, puis, quand on est enivré, le moins bon. Toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant!» Tel fut le premier signe que Jésus accomplit; c’était à Cana de Galilée; il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui. Homélie de saint Augustin, évêque (Traités sur saint Jean 9, 2; texte latin: BA 71, 506) Invité, le Seigneur vient aux noces. En dehors même de toute signification mystique, il a voulu par là confirmer qu’il est lui-même l’auteur des noces. Il s’en trouvera plus tard pour interdire le mariage, – l’Apôtre les mentionne –, ils diront que les noces sont un mal, que le diable en est l’auteur. Tout au contraire, dans l’Évangile, le Seigneur, tandis qu’on l’interroge pour savoir s’il est permis de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif, affirme que c’est illicite, hormis le cas de fornication. Et dans sa réponse, si vous vous en souvenez, il dit ceci: «Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare point» (Mt 19, 6). III. HOMÉLIE SUR L’ÉVANGILE DU LECTIONNAIRE DE 1970 Baptême du Seigneur, par Guido Reni (Paris, Musée d’Orsay) DEUXIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE (année A) La Liturgia Horarum, c’est-à-dire le nouveau bréviaire romain, ne donne pas de commentaire de l’évangile de chaque dimanche, contrairement à la tradition. Or, dans les éditions du Missel Romain antérieures à 1970, le passage lu aujourd’hui figure à la Commémoration du Baptême de N.-Seigneur Jésus-Christ (13 Janvier) : Jn 1, 29-34. On a donc reproduit ci-après le commentaire qu’en donne le Bréviaire Romain en vigueur jusqu’en 1969. Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (1, 29-34 ; traduction liturgique officielle) Comme Jean Baptiste voyait Jésus venir vers lui, il dit: «Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde; c’est de lui que j’ai dit: Derrière moi vient un homme qui a sa place devant moi, car avant moi il était. Je ne le connaissais pas; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté au peuple d’Israël.» Alors Jean rendit ce témoignage: «J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui. Je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit: ‘L’homme sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est celui-là qui baptise dans l’Esprit Saint.’ Oui, j’ai vu, et je rends ce témoignage : c’est lui le Fils de Dieu.» Homélie de saint Augustin, évêque (Traité 6 sur l’évangile de Jean, nn. 7 et 8: BA 71, 356-359) Avant que le Seigneur ne vienne pour être baptisé par Jean dans le Jourdain, Jean le connaissait. Ses mots en témoignent lorsqu’il dit: «C’est toi qui viens à moi pour être baptisé et c’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi.» Voici donc qu’il connaissait le Seigneur qu’il connaissait le Fils de Dieu. Et comment prouverons-nous qu’il savait déjà que celui-là baptiserait dans l’Esprit-Saint? Avant que Jésus ne vînt au fleuve, comme beaucoup accouraient vers Jean pour être baptisés, celui-ci leur dit: «Moi, je vous baptise dans l’eau, mais celui qui vient derrière moi est plus grand que moi et je ne suis pas digne de dénouer la courroie de sa sandale. Lui, il vous baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu.» Il savait donc cela aussi. Alors qu’a-t-il appris de la colombe, car il ne peut être pris ensuite en délit de mensonge? (Dieu nous garde d’avoir une telle opinion!) Voici: Le Christ jouira d’une propriété telle que, malgré la multitude des ministres du baptême, justes ou injustes, la sainteté du baptême se rattache à lui seul, lui sur lequel la colombe est descendue et dont il est dit: «C’est lui qui baptise dans l’Esprit-Saint.» Que Pierre baptise, «c’est lui qui baptise». Que Paul baptise, «c’est lui qui baptise.» Que Judas baptise, «c’est lui qui baptise». Car si la sainteté du baptême dépendait de la diversité des mérites, autant il y a de mérites différents, autant il y aurait de baptêmes. Et chacun, pense-t-on, en recevrait quelque chose de meilleur dans la mesure où paraît meilleur celui dont il l’a reçu. Les saints eux-mêmes, comprenez-le, frères, les hommes de bien qui appartiennent à la colombe, et dont le sort est lié à cette cité de Jérusalem, les hommes de bien dans l’Église, ceux dont l’Apôtre a dit: «Le Seigneur connaît les siens» (2 Tim 2, 19), ont des grâces diverses. Tous n’ont pas mérite égal. Les uns sont plus saints que les autres, les uns sont meilleurs que les autres. Et si l’’un reçoit le baptême par exemple d’un juste, d’un saint, tandis qu’un autre le reçoit d’un homme de moindre mérite aux yeux de Dieu, de moindre perfection, de moindre austérité, de moindre vie, comment se fait-il que tous deux néanmoins reçoivent un seul don, identique, égal, sinon parce que «c’est lui qui baptise»? Oraison (= MR 1962: 2° dim. après l’Épiphanie [même dimanche]) Omnípotens sempitérne Deus, qui cæléstia simul et terréna moderáris, supplicatiónes pópuli tui cleménter exáudi, et pacem tuam nostris concéde tempóribus. Per Dóminum... Traduction de D. Gaspar Lefebvre Dieu éternel et tout-puissant, qui régissez toutes choses au ciel et sur la terre, exaucez dans votre bonté les prières suppliantes de votre peuple et accordez votre paix aux temps que nous vivons. Par Jésus-Christ, notre Seigneur...