Détrompez-vous Avernis
Meneau -  2011-01-15 15:57:01

Détrompez-vous Avernis

Le droit canon bénéficie assurément de l'assistance divine promise à l'Eglise. (il en est d'ailleurs incidemment de même pour une liturgie promulguée par l'Eglise). Il est réformable, et ce qui est dedans n'est pas garanti comme étant "le meilleur possible", toutefois, il est absolument impossible qu'il soit nuisible à la foi catholique. Un bon catholique ne peut pas ne pas en tenir compte.

L'assistance prudentielle du pouvoir canonique "La tâche du pouvoir canonique n'est pas de déterminer si telle chose est ou n'est pas révélée, irrévocablement définie, d'institution divine. Elle est de déterminer si telle chose est propre à rapprocher (ou à éloigner) les esprits, les coeurs, la vie entière de ce qui est révélé. Nous sommes, on le voit, dans le domaine des décisions prudentielles. "L'assistance nécessaire au pouvoir canonique n'aura donc pas à être absolue. Il suffira d'une assistance relative, ayant pour fin de garantir la valeur prudentielle des mesures décrétées par ce pouvoir canonique. "Les mesures d'ordre général et les mesures d'ordre particulier "Plus les décrets du pouvoir canonique seront importants, universels, permanents, pressants, plus en conséquence ils dépendront de la prudence de tel ou tel de ses ministres, et moins ils l'engageront elle-même. "D'où la répartition de ces décrets d'une part en mesures d'ordre général, où l'Eglise entend engager pleinement son autorité prudentielle ; elles concernent les grans enseignements spéculatifs et pratiques des pouvoirs canoniques, les lois et commandements de l'Eglise, les décisions majeures relatives au culte et à la dispensation des sacrements, les dispositions permanentes du Droit Canon. Et d'autre part en mesures d'ordre particulier, où l'Eglise n'entend pas engager pleinement son autorité prudentielle ; elles concernent les applications législatives, les verdicts judiciaires (validité ou non validité de tel mariage), les sentences pénales, etc. "Assistance prudentielle infaillible et assistance prudentielle faillible "Corrélativement à ces deux espèces de mesures canoniques, il faudra reconnaître deux espèces d'assistance relative prudentielle. "D'abord une assistance prudentielle infaillible au sens propre, qui garantit divinement la prudence de chacune des mesures d'intérêt général. Non seulement ces mesures ne prescriront jamais rien d'immoral et de pernicieux qui blesse soit la loi évangélique soit la loi naturelle ; mais toutes seront en outre sages, prudentes, bienfaisantes. Ce qui ne veut pas dire qu'elles seront toujours le plus sage possible : les lois ecclésiastiques, même édictées avec l'assistance particulière de l'Esprit Saint, cherchent à discipliner une matière toujours changeante, d'où la possibilité d'un certain jeu et d'adaptations plus parfaites. On pourra parler ici de formes et de réformes de l'Eglise. "Ensuite une assistance prudentielle faillible, concernant les mesures d'ordre particulier. Il y a assistance divine, car ces mesures seront sages, prudentes, bienfaisantes quant à leur orientation génrale et pour l'ensemble des cas ; mais cette assistance est faillible, car elle ne garantit pas dans le concret la sagesse, le prudence, la bienfaisance de chacune de ces mesures." Charles Journet, Théologie de l'Eglise, Desclée de Brouwer, 1958.


"Les décrets de ce genre sont les lois universelles par lesquelles la vie chrétienne de l'homme et le culte sont ordonnés. Même si la faculté de faire des lois appartient au pouvoir de juridiction, le pouvoir du magistère est impliqué sous un aspect spécial dans la mesure où dans ces lois il ne peut rien avoir qui s'oppose à la loi naturelle ou positive. Sous cet aspect, nous affirmons que le jugement de l'Église est infaillible. Nous n’affirmons pas cependant que les lois ecclésiastiques soient les plus prudentes de toutes, ni qu’elles soient immuables et intangibles ; en effet, au grès des circonstances, d’autres lois peuvent exister ; que l’on pense ainsi aux variations du droit canonique et liturgique, surtout sous Pie XII." Iragui-Abarzuza, Manuale theologiae dogmaticae, tome 1, Madrid, 1959, p. 453


"Thèse XII : La puissance législative de l’Eglise a pour matière aussi bien ce qui concerne la foi et les mœurs que ce qui concerne la discipline. En ce qui concerne la foi et les mœurs à l’obligation de la loi ecclésiastique s’ajoute l’obligation de droit divin ; en matière disciplinaire toute obligation est de droit ecclésiastique. Cependant à l’exercice du suprême pouvoir législatif est toujours attachée l’infaillibilité, dans la mesure où l’Eglise est assistée de Dieu pour que jamais elle ne puisse instituer une discipline qui serait de quelque façon opposée aux règles de la foi et à la sainteté évangélique." Card. Billot, De Ecclesia Christi, Rome, 1927, tome 1, p. 477.

Cordialement Meneau