Rapidement voici en quoi elle ne tient pas debout.
Scrutator Sapientiæ - 2011-01-15 08:56:42
Rapidement voici en quoi elle ne tient pas debout.
Bonjour Ennemond,
Volontairement, j'écris ces quelques mots avant de me reporter au lien que vous avez inséré dans votre message, comme cela je ne risque pas de paraphraser inconsciemment les idées ou les propos auxquels ce lien renvoit ; rien ne remplace une réflexion personnelle, ni singulière, ni subjective, mais peut-être étayée, voire même étoffée.
En gros, tout se passe comme si un médecin nous disait :
"Vous, vous avez juste besoin que l'on vous pose un plâtre sur chaque avant-bras et quelques points de suture sur le visage !"
"Ah bon, Docteur, mais à la suite de quoi ? De quelques coupures et de deux fractures ?"
"Malheureux ! Ne vous faites pas peur à ce point là ! Ce n'est quand même pas grave à ce point-là !"
"D'accord Docteur, excusez-moi d'avoir eu peur, mais je n'ai pas seulement eu peur, j'ai également eu un peu mal, quand ce morceau de verre a, comment vous dire, abîmé ma peau, en surface, sur mon visage, au point de faire couler du sang ; par ailleurs, regardez donc mes avant-bras, ils sont à la fois déformés et douloureux, comme après un choc brutal et violent."
"Je vous comprends, vous avez, en effet, subi un tel choc, car vous avez fait une chute, et vous avez même brièvement perdu conscience, et c'est bien pour cela, ou plutôt contre d'éventuelles conséquences douloureuses et négatives, que l'on vous a désinfecté, que l'on vous a donné un calmant, que l'on vous a fait passer quelques radios, et que l'on va vous poser deux plâtres et quelques points de suture, mais je vous assure que ce n'est pas à la suite d'une coupure ni de fractures !"
"D'accord Docteur, mais dites-moi, quand vous m'aurez retiré mes plâtres et mes points de suture, aurai-je parfois un peu mal aux avant-bras, garderai-je longtemps des cicatrices disgracieuses, et mon visage sera-t-il, à cause de ces cicatrices, localement défiguré ? Ou alors, y aura t-il un retour total à la normale ?"
"Il y a toujours un risque, bien sûr, qu'apparaissent, surtout par temps froid et humide, des sensations de séquelles plus ou moins douloureuses, et qu'il reste quelques marques, quelques traces, qui ne feront que s'estomper légèrement, mais seulement "comme", je dis bien seulement "comme", "comme" après..."
"Une coupure et deux fractures ?"
"Voilà, c'est çà, "comme" après ce que vous dites là, mais attention, seulement "comme", sans que ce soit cela : ne confondez-pas."
"Merci Docteur, vous m'avez quelque peu inquiété, oh pardon, rassuré, mais enfin, de même que je vois bien ce que voulez taire, vous voyez bien ce que j'ai voulu dire..."
Voilà le petit dialogue que j'ai imaginé, pour dire en quoi l'herméneutique du renouveau dans la continuité ne tient pas debout : il faut que le diagnostic soit plus clairement affiché, et que la thérapie soit plus nettement assumée, sinon elle relèvera davantage des soins palliatifs que des soins curatifs.
En définitive, je le dis sans la moindre intention dissensuelle ou polémique, l'un des arguments fragiles, dont disposent certains partisans de cette herméneutique, ressemble fort à un argument a priori, un argument d'autorité magistérielle pontificale : "c'est sûrement juste et vrai, et fort bon pour l'Eglise, puisque c'est le Pape qui l'a dit, et qu'il a pris le commandement du calendrier et du dispositif de mise en forme et en oeuvre de cette herméneutique".
Je l'ai déjà écrit ici : l'Eglise n'a pas avant tout besoin d'une herméneutique du renouveau dans la continuité, qui a commencé, au contact des premières difficultés, sous...Paul VI.
A mon sens, l'Eglise a avant tout besoin d'une axiomatique, dogmatique et liturgique, d'une réappropriation, notamment intellectuelle, du patrimoine de la Tradition, nécessaire et préalable au déversement ultérieur, pensé et vécu, reçu et transmis, de ce patrimoine, dans la pastorale, dans les diocèses et dans les paroisses.
Bonne journée à Ennemond, et au plaisir de vous relire.
Scrutator.