Ennemond - 2011-01-14 23:46:40
Autre consternation
Pour ma part, je suis consterné, mais pour d'autres raisons que vous.
En interrogeant autour de moi, les fidèles, les prêtres, on se rend compte qu'après l'annonce d'Assise, celle de la béatification de Jean-Paul II transforme véritablement l'espérance née au moment du Motu Proprio en espoir déçu.
Vous n'imaginez sans doute pas tout ce que représente Assise et le pape qui l'a convoqué pour ceux qui ont eu des centaines de kilomètres à couvrir chaque semaine pour trouver une messe sans folklore, des sacrifices financiers à consentir, des jugements hautains de la part de membres de leur famille pendant des années. A la base, il y a des choix cruciaux et des sanctions à subir que seule l'expérience peut permettre d'imaginer.
A mon avis, si vous êtes sur ce forum, c'est, d'une certaine manière, que vous mettez un peu d'espoir dans ce que peuvent faire ou devenir les traditionalistes. Je ne crois pas que les actes posés cette semaine aident à ce que les choses s'arrangent.
C'est peut-être ce que ne voient pas ceux qui nous répondent dans ce fil. Que certains soient joyeux, heureux de voir un pape qu'ils ont aimés être glorifié, je le comprends volontiers. Il n'est pas inutile de comprendre que pour d'autres, les années 80-90 n'ont pas été les JMJ et autres festivités mais un temps de lourds sacrifices.
Notez cependant : La béatification n'est pas infaillible. Même la canonisation ne l'est considérée que par certains théologiens, pas tous. Toutefois, l'Eglise avait des règles très précises pour porter de grandes figures sur les autels : délais qui ont été diminués, nombre minimum de miracles qui a été rabaissé. Il faut bien se dire que ces marques de prudence - au moins politiquement - n'étaient pas fortuites, car elles ont souvent un impact sur des périodes de l'Eglise qui n'ont pas été unanimes.