Sœur Marie Simon-Pierre
Yves Daoudal -  2011-01-14 17:28:19

Sœur Marie Simon-Pierre

Ce que j'écrivais dans le numéro de mai 2007 de Reconquête Le témoignage de sœur Marie Simon-Pierre est particulièrement émouvant, dans la mesure où son histoire est intimement liée à Jean-Paul II. Elle était atteinte de la maladie de Parkinson, la maladie de Jean-Paul II. Elle était de plus en plus malade, et avait de plus en plus de mal à regarder le pape à la télévision, car elle voyait ce qu’elle allait devenir. Sa maladie s’est aggravée à partir du 2 avril 2005, c’est-à-dire à partir du jour de la mort du pape. Le 2 juin, épuisée, elle veut cesser son activité. Sa supérieure lui demande alors d'écrire… le nom de Jean-Paul II, tâche quasi impossible au regard de son état. Elle s'exécute, mais c’est quasiment illisible. Puis elle va se coucher. « Et là, quand je suis entrée dans ma chambre, j'ai eu envie d'écrire, alors que pour moi écrire était difficile. J'ai eu l'impression d'entendre une voix qui me disait : “prends ton stylo et écris“. J'ai écrit, un petit peu. » Elle se couche, et se réveille à 4 h 30. « Je me suis levée d'un bond de mon lit, alors que pour me lever c'était vraiment quelque chose de très pénible, de très difficile. Je me suis sentie complètement transformée, je n'étais plus la même intérieurement. Quelque chose qu'il m'est difficile de vous expliquer avec des mots tellement je ne peux pas dire, intérieurement, ce que je ressentais vraiment. C'était trop fort, trop grand. Un mystère. » Cette journée du 3 juin 2005 débute par une lecture spirituelle et la messe. C’est elle qui a la charge de la lecture cette semaine-là. « En allant lire et en vivant cette eucharistie, intérieurement, j'étais persuadée que j'étais guérie. Je ressentais que mon corps n'était plus le même et que je n'étais plus la même (...) J'étais vraiment toute légère. Cette eucharistie, je ne l'ai pas vécue comme les autres, c'était une action de grâce. » « Depuis ce jour, je ne prends plus aucun traitement et ma vie a complètement changé. Pour moi, c'est un peu une seconde naissance, j'ai eu l'impression de redécouvrir mon corps, de redécouvrir mes membres. » « Tout ce que je peux vous dire, c'est que j'étais malade, et que maintenant je suis guérie. Maintenant, c'est à l'Eglise de se prononcer et de reconnaître si c'est un miracle. Je suis guérie, c'est l’œuvre de Dieu, par l'intercession de Jean-Paul II. C'est quelque chose de très fort, de difficile à expliquer avec des mots », a-t-elle expliqué, en se disant « toujours habitée » par un verset de l'Evangile de saint Jean : « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » A l'automne dernier, sœur Marie Simon-Pierre a quitté le diocèse d'Aix-en-Provence pour rejoindre celui de Paris et la maternité Sainte-Félicité, où elle a repris son activité d'infirmière. « Je travaille auprès de mamans et de bébés à la maternité Saint-Félicité, où j'assure pleinement mon rôle d'infirmière, je le remplis totalement. » Au-delà de l’émouvant récit qu’elle fait de son expérience, on constate que les miracles attribués à l’intercession de Jean-Paul II sont très souvent liés à la maternité et à la naissance, comme pour souligner l’importance de son incessant combat pour la culture de vie. Or l’histoire de la religieuse française dont on ne disait rien jusqu’ici paraissait être une exception. Il n’en est rien, puisqu’au contraire elle travaille dans un établissement où l’on met des enfants au monde. Et près de 3 000 par an. Mieux encore, la clinique Sainte-Félicité est une maternité de niveau 2, autrement dit spécialisée en néonatalogie et soins intensifs de pédiatrie. (Rappelons que sainte Félicité, dont le nom au martyrologe est inséparable de celui de sainte Perpétue, était enceinte lorsqu'elle fut condamnée à mort. On la fit accoucher et son bébé fut adopté par une chrétienne.) En outre, la congrégation des Petites Sœurs des maternités catholique a été érigée en congrégation de droit pontifical par Jean-Paul II, elle a fait de l’encyclique Evangelium vitae de Jean-Paul II sa charte de vie, elle a une branche laïque, les Pèlerins de l’Evangile de la Vie , qui doivent « garder à l'esprit les objectifs missionnaires de la fraternité : la promotion et le respect de la vie humaine dès sa conception, et de la famille ». Une religieuse de l’évangile de la vie, guérie par l’intercession de Jean-Paul II de la maladie dont souffrait Jean-Paul II, c’est vraiment le miracle très providentiellement ad hoc pour la béatification du pape, et pour le nouveau témoignage que sera la béatification de Jean-Paul II en faveur de la vie.