Mais quand il y a apparente contradiction, sur quel texte s'appuyer ? Pour moi, sur le plus récent, car il est forcément plus éclairé.
Bien au contraire, dès lors qu'il s'agit d'un jugement de principe porté sur la même question, c'est le jugement le plus ancien qui fait assurément autorité. En effet, le magistère des successeurs des Apôtres est un magistère conservant : la mission qui lui est dévolue est de conserver le Donné Révélé et les vérités qui lui sont connexes et d'aider à progresser dans l'intelligence de ce même Donné Révélé. En conséquence de quoi, relativement à ce qui est conservé, c'est-à-dire transmis identiquement comme tel avec un progrès dans l'intelligence de ce qui est transmis, il ne peut pas y avoir de "retournement de jurisprudence" : ce serait alors un autre donné qui serait transmis, d'autres propositions connexes à un autre donné, que le Donné Révélé. Et cela serait le signe certain que nous n'avons plus affaire à la même autorité : celui qui en aurait les apparences aux yeux des hommes ne serait pas l'autorité en réalité et aux yeux de Dieu. Par ailleurs, ou voyez-vous que le secours de la grâce soit exclusif du secours des institutions humaines, même purement temporelles ? Ces dernières ont en charge le Bien commun, mais ce dernier, en raison de l'élévation de notre nature humaine à l'ordre surnaturel n'est absolument pas déconnecté de notre Fin dernière surnaturelle : tout au contraire, il lui est ordonné.