N.M. - 2011-01-14 09:37:55
Le problème...
Le problème c'est que justement l'enseignement de Vatican II, de Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI exclut par principe l'Etat catholique exclusif lors même que Pie VI, Pie VII, Grégoire XVI et Pie IX (entre autres) affirment que l'Etat catholique exclusif est possible et même souhaitable.
Evidemment, les mêmes papes "ante-conciliaires" ne promeuvent pas pour autant l'Etat confessionnel exclusif au sens où l'Etat confessionnel est l'Etat de n'importe quelle religion d'Etat ! Ils promeuvent l'Etat confessionnel catholique, et autant que possible l'Etat catholique exclusif, mais évidemment pas l'Etat confessionnel luthérien, exclusif ou non d'ailleurs, ni l'Etat confessionnel musulman etc.
Et donc évidemment pas la situation consécutive à la Constitution civile du clergé !
Quant à l'immunité de coercition, il ne faut pas confondre : "être forcé de pratiquer publiquement un culte" et "être empêché de pratiquer publiquement son culte". DH exclut l'un et l'autre. QC condamne ceux qui excluent que la puissance publique puisse empêcher la pratique publique du culte, dès lors (évidemment) qu'il s'agit d'un autre culte que le culte catholqiue.
Y a-t-il des situations où l'Etat confessionnel catholique doit tolérer l'exercice public des cultes non-catholiques (ou bien seulement de tel ou tel autre culte, mais pas nécessairement de tous)? La réponse est oui.
Nous trouvons-nous alors exactement dans le même cas de figure envisagé par DH : lorsqu'il y a un Etat confessionnel, il doit permettre l'exercice public des cultes ?
Non parce que pour l'enseignement "ante-conciliaire" lorsque l'Etat confessionnel catholique doit tolérer l'exercice public des cultes non-catholiques ce n'est pas en raison d'une exigence d'un droit objectif de la nature humaine à ne pas être empêché de pratiquer publiquement son culte, mais pour éviter de graves conflits civils : c'est une question d'opportunité, pas de principe (là où DH en fait une question de principe).
Non parce que l'enseignement "ante-conciliaire" rappelle que l'Etat confessionnel catholique exclusif est possible et souhaitable, là où DH récuse par principe tout Etat confessionnel exclusif.
Non parce que l'enseignement "ante-conciliaire" exige de l'Etat confessionnel non-catholique l'exercice public du culte catholique, mais il n'exige pas de la même façon l'exercice public des autres cultes, même s'il peut de fait demander l'exercice public de tous les cultes pour que le culte catholique puisse être publiquement exercé.