John L - 2011-01-14 07:42:43
Réponse tardive
La difference du temps entre la France et l’Australie fait que je n’ai pas pu intervenir dans ce débat que j’ai commence avant maintenant. Je vois que j’aurais dû m’expliquer plus clairement. Sans soulever toutes les questions dans les fils qui ont suivi le mien, j’essaierai de mieux m’expliquer sur la question qui me paraît essentiel.
Cher Luc, vous avez écrit:
‘Il n'est jamais question de renoncer à un principe. La question est : l'Etat confessionnel catholique est-il oui ou non un prérequis pour l'Eglise ?’
Ce n’est pas là la question que je discutais: c’était la question ‘l'Etat confessionnel catholique est-il oui ou non un prérequis pour la société et la civilisation?’
La réponse que j’ai offert était oui; j’ai fait appel dans cette réponse aux principes soutenus par le syllabus et dans maintes autres documents du magistère., que j’ai énumérées. Il est vrai, comme vous dites, que plusieurs des propositions énoncés dans le syllabus ont le statut de doctrines de la foi catholique, mais le syllabus en lui-même ne contient pas des definitions infaillibles; c’est pour cette raison que j’ai insisté sur Quanta Cura, qui contient ces definitions.
Vous avez écrit:
‘Je crois, en effet, inutile de passer des années à réfléchir sur un faux problème (l'Etat confessionnel catholique exclusif comme préalable à l'évangélisation) … L'absence d'Etat confessionnel n'est pas une excuse ni une explication pour la faiblesse et la décadence parfois du catholicisme contemporain.’
Je suis tout à fait d’accord – je dirais même que la faiblesse et la decadence du catholicisme depuis le 14e siècle explique l’absence d’Etat confessionel aujourd’hui.
Y a t’il donc un désaccord entre nous? Il me semble que oui: selon ce que j’ai pu comprendre, vous pensez qu’il est inutile pour l’Eglise d’insister sur les doctrines au sujet de l’Etat confessionel qu’elle a enseignée dans le passé. Vous pensez peut-être aux enseignements de l’Eglise comme sa condamnation du monothelétisme. Inutile pour l’Eglise de répéter cette enseignement aujourd’hui, parce que cette hérésie n’est plus courante; pour des raisons différentes, il est inutile aussi de répéter aujourd’hui les enseignements sur l’Etat confessionel. Mais le silence de l’Eglise sur ces sujets ne veut pas dire que l’Eglise nie ou doit nier ces enseignements.
Je pense, au contraire, qu’il n’est pas inutile de répéter ces enseignements sur l’Etat confessionel aujourd’hui. L’utilité de ces enseignements ne se trouve pas dans une soi-disante nécessité d’un tel Etat pour l’Eglise, mais dans la nécessité d’un Etat confessionel pour la société et la civilization – au moins pour les sociétes et civilizations qui ont connu le Christ. L’effondrement de ces sociétés et civilizations a été prédit par les papes, et ils ont décrit comme une cause suffisante de cette effondrement l’abandon de la recognition explicite de la vérité et l’autorité de Jésus et de son Eglise par l’état. (Je dis ‘cause suffisante’ pour clarifier que cette abandon n’est pas la seule cause de cette effondrement; l’enseignement en question c’est que cet abandon suffirait en elle-même pour produire cet effondrement, quoiqu’il y a évidemment des autres causes qui agissent pour le produire.)La crise que nous vivons dans les sociétés occidentales aujourd’hui s’explique par cette abandon, selon le magistère de l’Eglise. Je ne dis pas que les sociétés contemporaines vont accepte cette fait quand on le les annonce, mais il vaut la peine au moins de la faire connaître.