N.M. - 2011-01-13 19:47:27
Désaccords
- Je ne pense pas qu'un Syllabus soit de soi du "même niveau magistériel" qu'une encyclique (même si évidemment un tel Syllabus relève du magistère, ce qui n'est pas le cas d'un discours du père Lombardi, pour reprendre un exemple donné par vous).
- Ce qui permet de qualifier le degré d'autorité d'une proposition magistérielle (ainsi que sa note théologique) c'est (pardonnez la tautologie) la qualification même donnée dans le document magistériel considéré. Le Syllabus ne donne aucune qualification. Les encycliques dont sont tirées les propositions peuvent donner des qualifications.
- S'il n'y a pas de qualification particulière, il n'en demeure pas moins que la proposition considérée (pour les prendre une par une) relève à tout le moins de la note "doctrine catholique", c'est-à-dire (Cartechini dixit) "enseigné authentiquement" et nécessitant un "assentiment théologique en raison du magistère". Qui nie une telle proposition est censuré (au moins) comme "téméraire" et s'expose à commettre au moins un "péché mortel de désobéissance", et au plus un "péché mortel indirect contre la foi".
- Si la proposition est qualifiée, elle peut l'être comme étant soit (à tout le moins) nécessairement liée à la Révélation, soit formellement révélée.
Dans le premier cas (toujours Cartechini dixit) la note théologique est : "de foi ecclésiastique" (l'école thomiste stricte dirait : "de foi catholique), c'est-à-dire "définie comme à tenir" et nécessitant un "assentiment absolu en raison de la foi ecclésiastique". Qui nie une telle proposition relève de la censure "anathème" et s'expose à tout le moins à commettre un "péché indirect contre la foi".
Dans le second cas, la note théologique est : "de foi divine et catholique", c'est-à-dire attestée comme "à croire" "dans la lumière de la foi divine". Qui nie une telle proposition relève de la censure "anathème pour hérésie contre la foi divine" et s'expose à commettre un "péché mortel directement contre la foi".
- Est-ce là un "débat vital pour le catholicisme contemporain" ? Etant donné que la Vérité révélée et également les vérités connexes au Donné Révélé ne sauraient ni passer ni changer, les propositions qui seraient attestées comme telles ne sauraient être autres que contemporaines ! Quant aux autres propositions qui ne relèveraient que de la note "doctrine catholique", on peut bien envisager un certain progrès, une certaine "évolution" d'ordre prudentiel, mais certainement pas un "renversement de jurisprudence" (si j'ose dire) !
- Quoi qu'il en soit, cela n'est nullement exclusif d'un "investissement" sur d'autres terrains. Dom Guéranger défendait le Syllabus et ça ne l'empêchait pas, dans le contexte du Concordat de 1801 (toujours en vigueur par chez vous, ainsi que vous l'avez souligné) de réclamer (le concernant, lui et ses moines) l'application du droit commun (qu'il n'entendait certes pas regarder comme le meilleur ou le seul régime possible en la matière !).
P.S. : Pour Cartechini, je renvoie à son De Valore notarum theologicarum, en usage au Saint-Office (du temps où il y avait encore le Saint-Office).