"Comme le dit Denys : "La cause du bien doit être parfaite, tandis que le mal résulte d'un défaut quelconque." Par suite, pour qu'on dise que l'objet vers lequel se porte la volonté est mauvais, il suffit qu'il soit tel de sa nature ou que la raison le considère comme tel ; mais pour être bon, il est nécessaire qu'il soit bon sous ce double rapport." Saint Thomas d'Aquin, Somme Théologique, Ia-IIae, q. 19, art. 6.
Et dans l'ordre du droit, seul ce qui est bon de par sa nature peut être l'objet d'un droit objectif :"Ce qui ne répond pas à la vérité ou à la loi morale n'a objectivement aucun droit à l'existence, ni à la propagande, ni à l'action." Pie XII, Discours aux juristes catholiques italiens, 6 décembre 1953.
La religion révélée, la vraie religion, est la religion catholique. Celui qui professe une fausse religion, à partir du moment où sa conscience est (là dessus) incoupablement erronée ne pèche pas. Notre homme agit selon sa conscience (incoupablement erronée) et sa volonté n'est pas mauvaise malgré la malice de l'objet vers lequel il se porte : parce que justement il ignore cette malice objective. L'objet vers lequel il se porte (la fausse religion) et qu'il juge vrai et bon demeure par nature faux et mauvais et ne peut donc (cf. Pie XII) être l'objet d'un droit objectif. En d'autres termes, il n'est pas au pouvoir de sa volonté, en tant qu'elle n'est pas mauvaise, de rendre objectivement bon ce qui est objectivement mauvais. En d'autres termes encore, il n'est pas au pouvoir de sa volonté, en tant qu'elle n'est pas mauvaise, de rendre objet d'un droit ce qui demeure objectivement faux et mauvais : en l'espèce, les fausses religions. Or c'est bel et bien une telle "transformation" qui est impliquée dans votre propos : un propos qui est contraire à l'enseignement de saint Thomas et de Pie XII. Voilà pourquoi "agir selon sa conscience" incoupablement erronée ne saurait justifier un droit dont l'objet serait une fausse religion. Il ne peut y avoir de droit objectif ayant une fausse religion pour objet. En conséquence de quoi, il ne peut y avoir de droit objectif à pratiquer publiquement une fausse religion : c'est-à-dire à tout le moins (pour ce qui regarde la cité) à ne pas être empêché par la puissance publique de pratiquer une fausse religion. Or le droit objectif à ne pas être empêché par la puissance publique de pratiquer publiquement une fausse religion est compris dans le droit naturel objectif (reconnu à tout homme par DH) à ne pas être empêché par la puissance publique de pratiquer la religion de son choix. P.S. : Je réponds sur "la liberté de culte et de conscience", celle dont parle notamment le pape Pie IX (pour la condamner), et qui est le "droit de la personne humaine à la liberté religieuse dans l'ordre juridique de la société" promue par DH (bien sûr pour ce qui regarde le for externe et public !)