"Le Syllabus, comme son nom l'indique, est le résumé des propositions condamnées par l'encyclique."
Il aurait pourtant suffi à Luc Perrin ne serait-ce que de parcourir une édittion annotée du Syllabus pour se rendre compte que ce dernier est un catalogue de propositions tirées de plusieurs encycliques. Plus largement, là où John L. écrit :"Le Syllabus a été rédigé pour expliquer cette encyclique, et doit être lu comme étant subordonné à Quanta Cura. Cette subordination est nécessité par le fait que Quanta Cura contient des enseignements infaillibles, mais le Syllabus n’en contient pas."
... Luc Perrin répond :"Affirmation étrange : pourriez-vous l'étayer svp ? Le Syllabus, comme son nom l'indique, est le résumé des propositions condamnées par l'encyclique. Ce n'est pas un texte équivalent à une note du P. Lombardi sj aujourd'hui comme vous semblez le croire. Je pense, au contraire de vous, que le Syllabus contient bel et bien "des" (some in English) enseignements infaillibles ou couverts par l'infaillibilité magistérielle."
N'en déplaise à Luc Perrin, l'affirmation de John L. est loin d'être aussi étrange qu'il le dit. Certes le Syllabus contient des propositions qui, si on se reporte aux actes du magistère dont elles sont tirés, peuvent être infaillibles. Que ces propositions soient infaillibles en raison de la note théologique accordée à l'une ou l'autre dans les encycliques et décrets dont elles sont tirées, les théologiens s'accordent à le reconnaître. En revanche, que ces mêmes propositions soient infaillibles en raison de leur seule mention dans le Syllabus, voilà ce qui est discuté par les mêmes théologiens. Et en ce sens le propos de John L. n'est pas étrange."Bon nombre de théologiens, et de plus autorisés, tel que Franzelin (Etudes, julliet 1889, p. 354 ss), Mazzella (De Religione et Ecclesia, p. 822 note 1); Schrader (De Theologia generatim, nº 84 p. 136), Dumas (Etudes, mai 1875, p. 736 ss), Pesch (De Ecclesia Christi, Pars II, sectio 4 - De subjecto magisterii ecclesiastici, art. 2; De Romano Pontifice, prop. 46, Schol. 2 nº 520, 1894), Scheeben (Handbuch der Kathol. Dogmatik, I, Freiburg 1873-1875, nº 510), etc... soutiennent que le Syllabus est une acte de l'Infaillibilité personnelle du Pape" (cf. Lucien Chopin, Dictionnaire Apologétique de la Foi Catholique, T. III, col. 1659/1570) "Beaucoup d'auteurs regardent assurément l'encyclique Quanta Cura comme une definition ex cathedra: ils remarquent cependant, que si l'assertion parait indubitable pour l'encyclique Quanta Cura, elle ne s'impose pas avec la même évidence quand s'agit du Syllabus. Cfr. Wernz (Ius Decretal. T.I, nº 278 et note 58, 1905) ; Ojetti (Synopsis rerum moralium et iuris canonici, ad voc. Syllabus, 2da. Ed. Prati, 1905)..." (idem, col. 1571) "A la verité, le P. Wernz, signalant l'opinion de ceux qui dénient a cette encyclique le caractère de définition ex cathedra, la qualifie de manifestement improbable, plane improbabilis. Op. Cit. t. I, not. 58, p. 385) (idem) "La question bien posée serait celle-ci: le Syllabus n'est pas par lui même, du moins certainement, une définition ex cathedra. Mais les contradictoires des propositions qui y sont condamnées, n'en sont pas moins de foi, parce qu'elles ont été acceptées et enseignées unanimement comme vérités de foi par le magistère de l'Eglise dispersé". (idem, col. 1575) "Sans doute, les contradictoires de certains propositions condamnées dans le Syllabus peuvent être des vérités de foi; mais cela se constatera par ailleurs et non parce qu'elles sont dans le Syllabus" (col. 1576)." Dictionnaire Apologétique de la Foi Catholique, Adhemar d'Alès, Beauchesne (1924) Paris.
Bref, le réquisitoire en puzzle de Luc Perrin aurait mérité d'avoir des prémices mieux assurées (c'est le moins que l'on puisse dire !).