A la place de Meneau
N.M. -  2011-01-11 18:29:02

A la place de Meneau

Pardon de répondre à la place de Meneau, mais il me semble en effet qu'il fait référence - à raison, ne vous en déplaise - au paragraphe 2 du chapitre Ier de DH :

"Ce n'est donc pas sur une disposition subjective de la personne, mais sur sa nature même, qu'est fondé le droit à la liberté religieuse. C'est pourquoi le droit à cette immunité persiste en ceux-là mêmes qui ne satisfont pas à l'obligation de chercher la vérité et d'y adhérer dès lors que demeure sauf un ordre public juste."

Le droit à la liberté de conscience en matière religieuse au for externe et public de DH ne dépend donc absolument pas, de son propre aveu, de quelque disposition subjective que ce soit : - si l’on suit sa conscience ou si on ne la suit pas - si la conscience est erronée ou ne l’est pas - si cette erreur de la conscience est moralement imputable ou non… En voudrait-on confirmation ? Qu’à cela ne tienne…

« En d'autres termes, également le droit de celui qui erre de mauvaise foi reste complètement sauf, à condition de respecter l'ordre public, condition qui vaut pour l'exercice de n'importe quel droit, comme on le verra plus loin. Et le document conciliaire en donne cette raison péremptoire : ce droit "ne se fonde pas (...) sur une disposition subjective de la personne mais sur sa nature" ; il ne peut donc pas se perdre à cause de certaines conditions subjectives qui ne changent ni ne peuvent changer la nature de l'homme. » Cardinal Augustin Bea, alors président du Secrétariat pour l'Unité des chrétiens (qui avait été chargé auparavant de la rédaction de DH), « Revisia del clero italiano, mai 1966, « La Documentation catholique » du 3 juillet 1966, colonne 1186.

Mais aussi :

« Ce droit est un droit humain et donc universel car il ne découle pas de l'action honnête des personnes ou de leur conscience droite, mais des personnes mêmes, c'est-à-dire de leur être intime qui, dans ses composantes constitutives, est essentiellement identique dans toutes les personnes. C'est un droit qui existe dans chaque personne et qui existe toujours, même dans l'hypothèse où il ne serait pas exercé ou violé par les sujets mêmes où il est inné. » Jean-Paul II : Discours au cinquième colloque international d'études juridiques, 10 mars 1989, « La Documentation catholique » n°1974, p.511.