Justin Petipeu - 2011-01-11 15:17:11
Je ne suis pas d'accord
au sujet du dialogue interreligieux.
On peut vivre dans un Etat confessionnel et être pour le dialogue interreligieux. Par contre, que toutes les religions puissent s'épanouir dans une société réglée par un Etat neutre en matière religieuse, c'est bien là la marque de DH qui établit et qui demande la liberté pour tous de pratiquer publiquement leur religion dans l'immunité de toute contrainte. C'est donc bien au nom de la liberté religieuse qu'un certain clergé se presse pour que minarets et autres toits pagode puissent être érigés. Bien sûr, il n'y a pas d'obligation mais une simple logique dans les principes ; vous ne pouvez pas clamer la liberté religieuse sur tous les tons et renvoyer le bon musulman qui vient humblement vous demander l'arrière-salle paroissiale.
Ce dont il est question dans DH c'est de l'égalité des religions par rapport à l'Etat et donc dans la société. Point n'est besoin que la mosquée et l'église dialoguent dans l'absolu...la seule raison pour laquelle l'église prêtera pour l'Islam c'est que c'est maintenant elle-même qui porte ce projet de liberté religieuse.
Pour vos autres arguments sur l'obsolescence du Syllabus, j'entends bien que tous ces articles ne sont pas d'actualité, mais je vous ai aussi écrit que sur ce point particulier de la liberté religieuse, le fait que cette même condamnation ait été portée par tous les papes de la manière la plus solennelle qui soit jusqu'à DH montre tout de même que cela n'était en rien contingent mais au contraire relevant d'un point fondamental de la doctrine.
En ce qui concerne Léon XIII, je ne parlais pas du ralliement mais d'Immortale Dei qui est sans nul doute une encyclique fondamentale et qui rappelle que si l'Eglise ne porte pas de préférences particulières quant'aux aux différents régimes des différents Etats, elle ne peut par contre tolérer que ces mêmes Etats se conduisent en ignorant la seule vraie religion ou en refusant de la considérer comme telle. Ce qui est condamné partout et toujours par tous les papes jusqu'à Paul VI, c'est bien l'indifférence et la neutralité de l'Etat en matière religieuse.
Continuer à le revendiquer ne nous apportera sans doute rien de matériel ou de visible, sauf qu'alors nous confessons la Foi ! Car cela en fait partie. Et il me semble que ce n'est pas un mince avantage.