Hélas non, il ne s'agit pas du tout,
Yves Daoudal -  2011-01-11 13:17:46

Hélas non, il ne s'agit pas du tout,

et explicitement, d'être interlocuteur des pouvoirs publics, il s'agit clairement d'une structure religieuse, d'une authentique "Conférence" des responsables religieux. Personnellement je ne vois pas de rapport avec Assise, car Assise est un événement ponctuel alors qu'ici il s'agit d'une structure pérenne. Jean-Paul II a fait Assise mais il n'a pas intégré l'Eglise catholique dans le Conseil oecuménique des Eglises, ni dans la Conférence des Eglises européennes. A plus forte raison dans une Conférence où siègent des musulmans et des bouddhistes. Si ça vous intéresse, voici mon article du n° 106 de Daoudal Hebdo. (Il y en aura un autre dans le n° 109, car la "CRCF" a commis un communiqué surréaliste à propos des massacres de Bagdad et Alexandrie.) La conférence épiscopale renie l’Eglise catholique Et il n’y a pas un seul évêque pour protester ! Le 24 novembre s’est tenue, au siège de la Fédération protestante de France, la première rencontre de la « Conférence des responsables de culte en France » (CRCF). Il y avait là (dans l’ordre donné par le communiqué officiel), le pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France, accompagné du pasteur Laurent Schlumberger, membre du Conseil de la Fédération protestante de France, président du Conseil national de l'Église réformée de France ; le rabbin Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France, accompagné du rabbin Moshé Lewin, porte-parole du Grand Rabbin de France ; le métropolite Emmanuel, président de l'Assemblée des Évêques orthodoxes de France, accompagné de M. Carol Saba, porte-parole de l'Assemblée des Évêques orthodoxes de France ; M. Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman, accompagné de M. Anouar Kbibech, secrétaire général du Conseil français du culte musulman ; le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des Évêques de France, accompagné de Mgr Laurent Ulrich, vice-président de la Conférence des Évêques de France ; le Révérend Olivier Wang-Genh, président de l'Union bouddhiste de France. Voici le texte du communiqué : Dans la diversité de leurs traditions et de leurs convictions, ils ont échangé dans un climat d'écoute attentive et d'amitié, rappelant d'emblée qu'ils adhéraient sans réserve au principe de laïcité qui est un des fondements de notre République. Ils ont fait leur, les propos du philosophe Paul Ricoeur : « ce qu'on appelle généralement la religion a à faire avec la bonté. ... aussi radical que soit le mal, il n'est pas aussi profond que la bonté. Et si la religion, les religions, ont un sens, c'est de libérer le fond de bonté des hommes, d'aller le chercher là où il est complètement enfoui. » Celles et ceux qui prétendraient utiliser l'élan religieux dans un but de domination, ou pire de légitimation de la violence, le trahissent. Dans notre société, les religions doivent favoriser activement le dialogue dans le respect mutuel, en s'appuyant sur la liberté et la justice qui sont à la base du vivre ensemble. Les rencontres que les responsables religieux ont décidé d'avoir régulièrement, chez les uns et les autres à tour de rôle, leur permettront de partager leur réflexion et d'approfondir leur connaissance mutuelle. Par là, ils entendent contribuer, à leur mesure, au développement d'un climat de confiance dans notre pays. Un gigantesque scandale Voilà donc la Conférence des évêques de France engagée dans une autre « Conférence » où l’on trouve pêle-mêle, a égalité, des responsables non seulement de confessions non catholiques, mais non chrétiennes. Cela avait été soigneusement préparé par les rencontres des représentants des grandes religions à l’Elysée ou à Matignon. « D’habitude, nous ne nous retrouvons tous que sous les ors de la République, lors des vœux du président, ou bien sur convocation du ministre de l’intérieur », souligne à La Croix le pasteur Claude Baty. Chaque fois, l’Eglise catholique apparaissait ainsi comme une religion parmi d’autres, et sous la houlette de la République laïciste. Comme une ONG spirituelle ayant sa place dans le marché religieux, sans autre distinction. On voit aujourd’hui où ça conduit : à la création d’une « Conférence des responsables de culte en France ». Il ne s’agit plus de rencontres républicaines, mais d’une organisation religieuse, créée à l’initiative du pasteur Baty, qui poursuivait ce dessein depuis près de deux ans. C’est un gigantesque scandale. Les évêques de France s’inscrivent, après les protestants, les juifs, les orthodoxes et les musulmans, dans l’organigramme d’une « Conférence » des « responsables de culte ». Et « culte » est au singulier. Les protestants, les juifs, les orthodoxes, les musulmans, les bouddhistes, ont un « culte » qui permet de les réunir dans une même conférence (alors que le mot culte n’existe même pas en islam, et qu’il n’y a pas de culte dans le bouddhisme, surtout dans le bouddhisme zen que représente Olivier Reigen, dit Wang-Genh). Et il n’y a pas un seul évêque pour protester contre cette ignominie. Pas un seul évêque pour crier qu’on humilie sa mère la sainte Eglise, qu’on blasphème le Christ Dieu en en faisant l’un des inspirateurs du « culte » parmi d’autres. L’Eglise catholique ne fait pas partie du Conseil œcuménique des Eglises Il n’y a pas un seul évêque pour rappeler que l’Eglise catholique ne fait pas partie du prétendu « Conseil œcuménique des Eglises », malgré sa forte orientation œcuménique depuis Vatican II. Que l’Eglise catholique, de même, ne fait pas partie de la « Conférence des Eglises européennes », qui prétend : « Toutes les grandes traditions confessionnelles y sont représentées : orthodoxe, luthérienne, réformée, anglicane, méthodiste, baptiste, vieille-catholique et pentecôtiste. » Cherchez l’erreur… Il n’y a pas un seul évêque pour rappeler pourquoi l’Eglise catholique ne fait pas partie du Conseil œcuménique des Eglises ni de la Conférence des Eglises européennes. C’est tout simplement parce que l’Eglise catholique est l’Eglise fondée par le Christ, avec à sa tête le pape qui est le successeur de saint Pierre et de par la volonté du Christ le chef de l’Eglise universelle, et que cette Eglise ne peut donc pas se retrouver sur le même plan que les autres confessions chrétiennes. En outre, les « Eglises » qui sont admises au Conseil œcuménique des Eglises le sont sur une base nationale. Cela seul montre la différence : il n’existe pas d’Eglise catholique nationale. L’Eglise catholique est universelle, comme son nom l’indique. Et on va encore infiniment plus loin. Il ne s’agit même plus de faire partie d’un melting-pot « chrétien ». Il s’agit aussi des juifs, des musulmans, des bouddhistes. Tout cela réuni dans une « Conférence » où la voix de l’Eglise catholique, l’Eglise fondée par le Christ, l’Eglise née du cœur transpercé du Christ, est mise sur le même plan, non seulement que ceux qui nient la constitution divine de l’Eglise catholique, mais sur le même plan que ceux qui rejettent le Christ. C’est littéralement incroyable. Et pourtant c’est vrai. En Angleterre, au XVIe siècle, il y eut un évêque, un seul évêque, saint John Fisher, pour refuser une organisation de l’Eglise qui bafouait la constitution divine de l’Eglise. Il y risquait sa vie, et de fait il a été tué. Aujourd’hui, les évêques ne risquent rien. Il n’y en a pourtant aucun, ne serait-ce que pour murmurer, qu’on n’a pas le droit de faire de l’Eglise catholique une composante parmi d’autres d’une Conférence du culte non défini. Apôtres du « vivre ensemble » Dans le communiqué de la « Conférence » de l’apostasie officielle de la Conférence des évêques de France, il n’y a même pas de référence à un Dieu quel qu’il soit. Peut-être parce qu’il n’y a pas de Dieu dans le bouddhisme… Mais plus sûrement parce que ces « représentants de culte » sont toujours dans la perspective de leurs rencontres « sous les ors de la République ». Contrairement à ce que prétend l’intitulé de leur « Conférence », ils ne s’intéressent pas au « culte », mais au « vivre ensemble ». Voilà le plus petit commun dénominateur de ces « religieux » : travailler au « vivre ensemble ». On reprend le poncif le plus éculé, la dernière en date des « valeurs de la République ». C’est minable. Tous les médias de la pensée unique nous déversent en permanence le prêche du « vivre ensemble ». A quoi peut bien servir que des « responsables de culte » y ajoutent une fois de plus leur petite voix que personne n’entendra ? Ils adhèrent « sans réserve » au laïcisme Et ils insistent lourdement, comme s’ils étaient sous le regard suspicieux du ministre de l’Intérieur. Ils tiennent à rappeler « d'emblée qu'ils adhérent sans réserve au principe de laïcité qui est un des fondements de notre République ». Les fondements de l’Eglise catholique, ils s’en moquent. Ce qui importe, ce sont les fondements de la République. Et le seul qu’ils citent est la laïcité. A laquelle ils adhèrent « sans réserve ». Ils adhèrent sans réserve à la loi de 1905 qui dit que leur République ne les reconnaît pas. Ils adhèrent sans réserve à cette loi qui a volé à l’Eglise tout son patrimoine. Ils adhèrent sans réserve à une laïcité qui voulait mettre l’Eglise sous la tutelle de l’Etat, qui a chassé les religieux des écoles et des hôpitaux, qui a profané les sanctuaires. Ils adhèrent sans réserve à une laïcité qui, seule en Europe (avec la « Belgique »), interdit les crucifix dans les écoles et autres lieux publics. Ils adhèrent sans réserve à une laïcité qui va jusqu’à refuser de reconnaître les racines chrétiennes de l’Europe et qui a imposé cela à l’Union européenne. Ils adhèrent sans réserve à une laïcité qui, pour combattre ce qui reste de l’Eglise catholique en France, a fait l’islam religion d’Etat par la création du CFCM et de la Fondation pour les œuvres de l’islam. Ils adhèrent sans réserve à une laïcité qui considère qu’il faut construire des mosquées pour rétablir l’équilibre avec les chrétiens. Et que, « aujourd'hui, être un bon laïque, c'est encourager la construction de mosquées en France », selon l’immortelle expression de Jean Glavany, secrétaire national à la laïcité au parti socialiste. Et c’est bien de cette laïcité-là que l’on parle. Celle qui combat l’Eglise et construit des mosquées. Car c’est la seule que les musulmans acceptent… « sans réserve ». Pour le reste, la notion de laïcité n’existe nulle part dans l’islam, elle est rigoureusement contraire aux principes de l’islam, puisque l’islam est une doctrine à la fois religieuse, politique, culturelle, économique et sociale. Quand un responsable musulman parle de respect de la laïcité, c’est toujours sous la protection de la taqiya, la dissimulation, qui n’est pas seulement permise par l’islam, mais qui est recommandée dans le jihad, dans la conquête des pays infidèles. Et c’est grâce à la taqiya qu’un responsable musulman peut précisément signer un communiqué dénonçant « ceux qui prétendraient utiliser l'élan religieux dans un but de domination ». Utiliser l’élan religieux dans un but de domination, c’est la définition même du jihad. Et le jihad est une obligation, plusieurs fois répétée dans le Coran, et affirmée par tous les courant de l’islam. (Le jihad, ce n’est pas forcément la guerre, c’est l’effort pour établir le règne de l’islam, et pour cela tous les moyens sont bons, même laïques, grâce à la taqiya.) Comme le cardinal Tauran La « Conférence » s’appuie sur un propos de Paul Ricoeur qui laisse entendre que toutes les religions se valent. Le cardinal Vingt-Trois aurait pu ajouter en note du communiqué, comme contribution particulière de l’Eglise de France ex-catholique, une citation du cardinal Jean-Louis Tauran, le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Car celui-ci est une « Conférence des responsables de culte » à lui tout seul, si l’on en croit ce qu’il disait à l’Osservatore Romano le 1er août dernier, et que Jean Madiran a commenté à plusieurs reprises dans Présent : « Des musulmans, nous pouvons apprendre comment prier, comment jeûner et comment être charitable ; des hindous la méditation et la contemplation ; des bouddhistes le détachement des biens matériels, le sens profond du respect de la vie ; du confucianisme la piété et le respect pour les personnes âgées ; du taoïsme la simplicité et l'humilité ». Car nous, catholiques, nous ne savons rien de tout cela… Quelle insulte envers l’Eglise, et envers tous les saints. Le cardinal Tauran est venu à Paris le 23 novembre. Avant de recevoir les insignes de docteur honoris causa de l’Institut catholique (ça s’impose, en effet), il a rencontré les responsables du Service pour les relations avec l’islam (SRI) de la Conférence des évêques de France. C’était la première fois que le président du Conseil pontifical pour le dialogue religieux rendait visite au SRI. Pour apporter « un soutien chaleureux » à son action, a souligné son directeur, le P. Christophe Roucou. Curieusement, au synode sur le Proche Orient, où les relations avec l’islam étaient un sujet capital, le pape n’a pas invité le P. Roucou comme expert, ni aucun membre du SRI. Il avait invité Annie Laurent, dont le discours sur l’islam est tout différent du rideau de fumée du « vivre ensemble »…