Réponse
Job -  2011-01-11 10:02:38

Réponse

Vous dîtes que "ces gens convoquent la "joie" de la discothèque dans le sanctuaire parce qu'ils n'ont pas reçu le soupçon d'autre chose". Je n'aurai qu'une question. Êtes vous déjà allé en discothèque ? Si jamais vous voyez des jeunes danser de cette façon avec ce genre de musique, surtout appelez moi immédiatement. Je suis plutôt habitué à entendre de la techno et voir du trémoussage... Ensuite avec tout le respect que je vous dois, je ne vous permets pas quelque procès d'intentions à mon endroit. Ce n'est pas parce que j'ai partagé mon sentiment à l'égard de cette "danse" qui n'est pas mon "dada" comme je l'ai écrit, que je suis forcément un ignare, apostat et hérétique qui voudrait probablement saccager un tabernacle pour y faire des messes noires ! Ayez au moins la décence de ne pas couvrir d'un tombereau d'attaques personnelles ceux qui ne partagent pas votre goût liturgique. A la différence de vous, je n'attaquerai pas votre personne. Je m'exprimerai sur le fond. Sur un certain conservatisme liturgique qui la pense figée et inamovible, je dirais qu'encore une fois, je suis fils de mon époque et de mon pays. En occident il faut bien le reconnaître, ce n'est pas du tout dans les habitudes que de vivre la liturgie de cette façon. A mon sens, je pense que c'est une erreur pastorale de vouloir faire une importation de pratiques "étrangères" à notre culture parce que cela sonne faux. C'est dans cette perspective que je n'approuve pas tellement cette initiative. Cependant "en soi", j'estime à titre personnel et l'Eglise catholique, apostolique et romaine également, que pratiquer une danse non pas pendant la consécration ou autre, mais par exemple en chant d'entrée ou d'offertoire, n'a rien de choquant. La question c'est de savoir si l'introduction de cette danse dans la liturgie permet de mener à Dieu car c'est cela le but de la liturgie. On me répondra qu'il y a le sanctuaire etc. Oui sauf que l'hypersacralisation de l'espace cultuel est une habitude tout à fait médiévale/renaissance correspondant à la pastorale de l'époque. Il n'y a pas si longtemps encore les animaux se baladaient dans l'église, les gens y couchaient lorsque des femmes n'y accouchaient pas ! Si vous allez à Florence par exemple, vous aurez la joie d'admirer l'église-silo à grain de la renaissance. Visiblement cette disposition ne semblait pas outrageante pour les personnes de l'époque ni même pour Jésus Christ j'imagine... (cf "La messe à l'envers" de Marc Levatois) Il faut avoir l'intelligence des pratiques. Ainsi l'orientation des églises vers l'orient avait un sens très fort dans les milieux agricoles et paysans car il était naturel pour chacun de savoir situer les points cardinaux. Forcément chacun savait d'où se levait le soleil etc. Ce qui induisait une compréhension des signes donnés par l'extérieur de la liturgie parce qu'enracinée dans la vie des gens. Il faut voir qu'aujourd'hui les gens sont citadins et ne comprennent plus de la même façon les signes liturgiques du passé parce qu'ils n'ont plus les mêmes décodeurs "naturels". Il me semble donc important de sans cesse se demander comment mener le peuple vers Dieu dans le sacrifice parfait de l'eucharistie. Je prendrai un autre exemple tiré de Rome. Si vous allez à Saint Paul hors les murs, vous noterez que la disposition de la basilique n'est pas celle d'une église "traditionnelle" mais plutôt celle d'un Tribunal Romain.Cette forme a été choisie pour "dire" le rôle de l'évêque qui était le garant de la "justice de Dieu". Or quoi de plus parlant pour dire cela aux romains que de reprendre la forme des tribunaux ? Vous l'aurez compris, dans la liturgie et l'esthétique tout est question de signifiant et de signifié. Alors si d'aventure une danse à l'offertoire peut permettre au peuple de Dieu de rencontrer Jésus Christ avant le sacrifice à l'autel et de façon très ponctuelle, je n'y vois rien de choquant. Pour avoir dit cela, je me prépare à avoir les oreilles qui sifflent néanmoins.