Luc Perrin - 2011-01-08 12:08:07
bien trouvé mais ...
je parle de la citation de Son Eminence.
"L'appel à ne pas avoir peur du Christ est aussi par conséquent un appel au témoignage. Il s'agit de montrer que l'adhésion au christ ouvre à une vie plus humaine, plus resplendissante, plus libre; que les renoncements qu'elle exige, loin d'être destructeurs, sont libérateurs."
Nous sommes au coeur du sujet : le premier renoncement est le renoncement à "l'esprit du monde". Celui-là est libérateur en vérité, à la différence des "théologies de la libération" qui enchaînent à cet esprit mondain, au catholicisme néo-libéral toujours soucieux de cet esprit (ex. typique de la vidéo du cabaret néo-liturgique d'un autre fil, je relève au passage la chasuble irrégulière puisque sans couleur liturgique discernable ce qui n'est pas non plus insignifiant).
La crainte révérentielle devant les théophanies ou les manifestations de Marie ne porte pas sur "l'intervention de Dieu" en tant que telle : elle manifeste le sens de notre petitesse en présence du Très Haut. Loin d'être à rejeter, elle est une étape indispensable et c'est la grâce de Dieu qui nous invite ensuite à avancer. On est frappé par l'humilité des "voyants" et "voyantes" dans les apparitions reconnues ; je n'ai pas en tête d'exemples de bénéficiaires fanfarons et arrogants prenant de haut la "Dame" ou la vision céleste venue les visiter.
L'absence de cette judicieuse et ô combien pédagogique "crainte révérentielle" me paraît justement être une marque de l'indifférence contemporaine, l'un des grands obstacles pour entrer dans le mystère de Dieu. Dans l'éradication de l'agenouillement dans la néo-liturgie - réelle celle qui est pratiquée -, dans l'effacement de la génuflexion ou des marques de respect, dans la relégation du tabernacle dans une chapelle latérale etc. il y a des marques de cette absence de "crainte révérentielle" de beaucoup de catholiques aujourd'hui. Était-ce le message de Jean-Paul II ? Je ne pense pas, ce n'est sûrement pas celui de Benoît XVI. Je note que l'Église de France - dans sa majorité - est particulièrement rétive à encourager les marques de révérence que le pape souligne dans les messes pontificales, n'est-ce qu'un détail ?
Entre les catholiques préoccupés d'immédiateté, de fusion avec le monde libéral environnant, et les autres marqués par cette "crainte révérentielle", sorte de liturgie du seuil pour se mettre en présence de Dieu, vous trouverez l'un des murs qui séparent des catégories de catholiques : un mur qui n'a rien d'artificiel. Tradis et "ratzinguériens" se retrouvent à mon sens dans la deuxième "catégorie" qui ne recoupe donc pas la délimitation des Formes du rit romain. En cela un mur artificiel est franchi mais un autre bien plus large se découvre.
nb. désolé de "parasiter" le fil de présentation mais comme Job a choisi d'aller d'emblée à une question centrale - vitale peut-être -, il ne m'en voudra pas de rebondir sur le débat à partir de votre réflexion qui s'y rattache directement.
j'en profite pour vous souhaiter la bienvenue aussi, filandroca