Au demeurant, Paul VI parle lui de la fumée de Satan infiltrée dans l'Église juste 10 ans après cette citation de 1962. Sera-t-il anathématisé comme "prophète de malheur" ? Relativisons donc fortement la poussée d'optimisme excessif qui a animé le pape à l'ouverture du Concile ; l'excès s'accommode mal avec la prudence, vous en conviendrez sans doute avec moi Job, cela vaut pour un excès de pessimisme mais aussi pour un optimisme aveugle qui confinerait au déni de réalité. Le mystère chrétien conjugue l'espérance eschatologique avec le ... hic et nunc : il faut tenir les deux.
Vous me permettrez de ne pas souscrire à la case dans laquelle vous voudriez m'enfermer. La dialectique conciliaire/non conciliaire est pour moi pure fiction pour nous diviser entre catholiques. Je l'ai déjà écrit. Je ne suis pas dans l'autosatisfaction béate qui voudrait, dans une approche toute épicurienne, se satisfaire stupidement de tout, du pire comme du meilleur. Je ne ferai pas l'offense d'ailleurs à un Pape de l'affubler d'une telle attitude. Je crois au contraire que Jean XXIII parle en tant que Pasteur et chef de l'Eglise du Christ. Il invite avant tout à une vraie espérance face à ce qui ne va pas a priori. Dans le cantique de Daniel ces trois enfants jetés dans la fournaise continuent de louer Dieu en dépit de leur sort. C'est alors cette espérance continue et intarissable qui les sauve ! Je ne dis pas qu'il faut se réjouir idiotement de ce qui nous arrive : crise des vocations, crise de la foi, déchristianisation et autres maux. Je dis en revanche qu'il faut garder confiance en Notre Seigneur Jésus Christ quoiqu'il arrive. C'est ni plus ni moins ce que dit Jean XXIII... en insistant sur le fait que parfois Dieu réserve à son Eglise des desseins inattendus. Nous ne sondons pas le mystère de Dieu ni même la finalité de ses entreprises ! Ce serait un peu fort de me relayer au rang d'un béat idéaliste. Puisque je suis amené à aller plus avant dans les détails, lorsque par exemple il m'est impossible de prier ou de dire ma foi dans ma famille (je ne peux parler avec personne de ma foi en Dieu chez moi, je n'ai jamais vu une messe de Noël...) pensez vous que je sois béat ? Non. Tout pourrait me conduire au désespoir et à l'abandon. Cependant ces "épreuves" ne sont rien face à la gloire promise et l'espérance eschatologique ! Ce qui me plaît tant dans le personnage de Job que dans le message du Pape c'est cet appel à ne jamais renoncer au Christ. Nous ne serions pas les premiers à qui cela arrive ! Saint Pierre a bien renié le Christ trois fois face au risque de la mort... Bref il ne faut pas voir le mal là où il n'est pas... Pour le coup loin de moi l'idée de jouer les angelots. Juste de rappeler que le Christ est source d'espérance et qu'il faut essayer de déceler son action discrète mais efficace dans notre humanité.