Petibonum - 2011-01-06 00:48:00
Pas si simple...
Si l'on admet l'idée que dans toute société humaine existe un équilibre entre les tendances radicales et les tendances modérées, et entre conservatisme et progressisme (en gros entre extrême-gauche et extrême-droite, centre-gauche et centre-droit), on peut faire le pari que le modernisme ne sera pas si simple à se résorber.
L'auteur cité en début de post se montre trop schématique lorsqu'il suppose des trajectoires complètement linéaires. D'accord, les modernistes se reproduisent peu et ne transmettent pas la foi. Mais parmi leurs enfants, après un long moment de rejet de la religion, il se produit parfois (je ne sais dans quelles proportions) un retour. Généralement, d'après mon impression, cela concerne les femmes qui ont passé un certain âge, après que les illusions de la jeunesse les ont quittées... Ce qui explique peut-être le passage de relai entre les "grand-mères" d'hier et celles d'aujourd'hui. Et en fait de grand-mères, je pense qu'il doit y avoir beaucoup de mères au foyer, bourgeoises, qui s'ennuient une fois que les enfants ont grandi. Vous me direz qu'elles sont peu nombreuses, sur l'ensemble, à effectuer ce retour. Pour l'instant... Qui dit que ce processus va se poursuivre dans les mêmes proportions ? Peut-être que dans un monde futur fortement islamisé, les valeurs chrétiennes, chez ceux qui les auront encore, se perdront moins facilement, en conséquence de leur isolement ?
De leur côté, les tradis font beaucoup d'enfants, certes, mais tous ne deviennent pas des pratiquants tradis, loin de là. D'ailleurs on ne voit pas la pratique traditionnaliste exploser particulièrement. Elle se renouvelle, en augmentant lentement et progressivement ses effectifs. Logiquement, avec cinq enfants par famille, depuis 40 ans, la communauté tradi aurait dû se démultiplier.
La trendance générale est donc plutôt au rééquilibrage. Reste à savoir si la vie de l'Eglise est viable avec deux formes du même rite, et deux "esprits" si éloignés. On peut se demander si à terme c'est possible. Faudra-t-il un jour qu'un pape mette les pieds dans le plat et convoque un nouveau concile ? L'unité des catholiques est essentielle à la survie de l'Eglise, me semble-t-il. D'ici là, ce rééquilibrage en cours aura permis peut-être d'adoucir les angles des deux côtés ?