Mais non
Vianney -  2011-01-04 17:42:45

Mais non


Il faut dire que la doctrine qui aurait été exposée par l'école romaine de théologie, si elle n'avait pas été balayée par les Pères Concilaires, n'aurait reflété qu'une vision finalement assez récente ... depuis la fin du XVIIIe siècle.

Non, cher Ion, pas depuis la fin du XVIIIe, mais depuis que le problème du droit public de l’Église s’est posé concrètement aux chrétiens, c’est-à-dire depuis le moment où certains d’entre eux ont occupé des postes dirigeants dans l’État : en gros, depuis Constantin (et c’est bien pourquoi les néo-modernistes se sont acharnés contre l’Église “constantinienne”). Mais les principes qui ont été mis en œuvre à cette occasion par le Magistère, par les Pères et docteurs de l’Église reposaient entièrement sur la Tradition, et c’est précisément ce qui excluait toute contradiction doctrinale durable entre les uns et les autres. A titre d’exemple, on peut citer la lettre de saint Augustin au comte Boniface, ou encore celle où le pape Grégoire VII reproche à un roi de Castille d’employer un ministre juif pour gouverner des chrétiens : l’un comme l’autre, à des siècles de distance, sont déjà fondamentalement en désaccord avec les idées exposées par Dignitatis humanæ. Si les Pères conciliaires de Vatican II avaient suivi l’exemple de leurs ancêtres, il n’y aurait, pour reprendre votre expression humoristique de tout à l’heure, “pas de problème” majeur avec ce concile : l’aggiornamento aurait tout au plus suscité quelques querelles de terminologie. V.