Ion - 2011-01-04 15:46:08
Pas de problème
Quand une contradiction semble apparaître dans l'exposition de la doctrine par le Magistère, notre devoir est de chercher comment l’estomper. Or, la doctrine de la liberté religieuse, telle qu’enseignée aujourd’hui étant on ne peut plus claire et renforcée par des gestes concrets comme Assise, le problème de compréhension ne peut résider qu’au niveau des textes antérieurs.
On peut ainsi reprendre toutes vos citations et les interpréter brièvement comme suit :
Pie VI. Lettre Quod aliquantulum
On peut interpréter ce texte comme une condamnation non pas de la liberté religieuse mais de la liberté absolue ... d’écrire et même de faire imprimer impunément en matière de religion tout ce que peut suggérer l’imagination la plus déréglée. On n'est plus dans le domaine de la conscience mais dans celui de l'imagination. Nuance !
Pie VII. Lettre apostolique Post tam diuturnitas
Ce qui est clairement condamné c’est le fait de promettre faveur et appui aux hérétiques, car on n’est dès lors plus dans la simple neutralité ou l’absence de contrainte inhérentes à la doctrine de la liberté religieuse. L’Etat, en effet, favoriserait alors l’erreur quand il doit rester neutre.
Grégoire XVI. encyclique Mirari vos
Ce qui est condamné est la liberté de conscience définie comme liberté sans frein des opinions. En effet, selon DH, la liberté religieuse n’est pas cela, car en dehors des freins relatifs à l’odre public, demeure ce frein considérable qui est le devoir que tout homme doit s’imposer de rechercher la vérité.
Pie IX. encyclique Quanta Cura
Ce qui est condamné ici, c’est d’une part le naturalisme et d’autre part le fait que l’Etat doive agir comme si la religion n’existait pas. Alors que bien au contraire, la doctrine de la liberté religieuse demande aux Etats d’agir pour la liberté justement parce que la religion existe.
Pie IX. Syllabus
77. Une condamnation sur l’utilité ou pas d’une situation n’est pas une condamnation sur la vérité ou pas de cette situation. Bien sûr qu’il pourrait être plus utile que la religion catholique soit la religion d’Etat. Mais est-ce là un critère sain ?
78. Suite et conséquence du 77. Ne peut être analysé isolément.
79. Ce qui est condamné est le fait de pouvoir manifester toute pensée ou opinion sans aucune contrainte. Je vous renvoie plus haut aux freins que prévoit la doctrine de la liberté religieuse selon DH (freins externe et interne)
Léon XIII. Encyclique Immortale Dei
Ce qui est condamné est l’erreur selon laquelle c’est le peuple qui serait la source de tout droit et de tout pouvoir. Or ceci est bien évidemment en totale contradiction avec la doctrine de la liberté religieuse selon laquelle c’est bien dieu qui est la source de toute vérité.
Bref, il est toujours possible de revoir notre compréhension de ces textes anciens, notamment si cette compréhension est en contradiction avec la doctrine telle qu’enseignée maintenant.
L'avantage, si on peut dire, des textes anciens, est qu'ils sont si spécifiques dans ce qu'ils condamnent, qu'ils englobent tellement de choses et de conditions dans une simple condamnation, qu'il est finalement assez facile de les démonter.
Le mieux est encore de passer ces textes aux oubliettes, un peu comme vous souhaiteriez que Vatican II soit passé aux oubliettes.
Ion