De bonnes questions, de mauvaises réponses !
Jean-Paul PARFU -  2011-01-03 21:16:46

De bonnes questions, de mauvaises réponses !

En fait, le problème des réunions inter-religieuses se pose comme vous le faites ou comme le fait Yves Daoudal et la réponse est, si vous me le permettez, celles de la FSSPX, Ennemond, Scribe, Vianney etc ... En effet, certains, comme Ion, sont, par définition, pour tout ce qui est nouveau et qui colle au monde. Il faut que l'Eglise colle au monde. Elle doit renier et avoir honte de l'Eglise qui ne se laissait pas enseigner par le monde. D'autres sont, de toute façon, toujours pour ce que fait le Pape du temps présent, combien même il serait en désaccord avec toute la Tradition de l'Eglise et la plupart de ses prédécesseurs. Inutile de dire que les deux façons de voir ci-dessus évoquées sont fausses. Cela saute aux yeux. Il y a, enfin, votre façon de voir qui a sa logique. Vous comprenez ce type de réunions comme de simples rassemblements politiques, voire de simples rappels de la vertu naturelle de religion qui s'opposerait aux manifestations maladives de la religion ou au laïcisme agressif. Il me semble, cependant, que cette façon de voir, qui pour moi est donc, des trois propositions fausses, la seule a priori recevable, repose à la fois sur une confusion et sur une simple erreur d'appréciation. 1) La confusion, c'est la confusion moderniste, reprise par le concile Vatican II, entre la vertu naturelle de religion et le sentiment religieux qui fonderait la Foi. Toutes les religions ayant pour origine la vertu naturelle de religion, toutes les religions seraient légitimes. Or, non seulement toutes les religions n'ont pas pour fondement la vertu naturelle de religion, mais, en outre, la définition de la Foi qu'implique cette manière de voir, repose en réalité sur une confusion entre la loi naturelle et la Foi, alors que la Foi ne vient pas de l'homme, mais d'une Révélation du vrai Dieu et donc, une fois de plus, d'une confusion entre l'ordre naturel et l'ordre surnaturel. 2) L'erreur d'appréciation, bien vue par Ennemond dans un post en réponse à Yves Daoudal qui citait un texte de Pie XI, c'est que, dans une manifestation type Assise, le Pape ne fait pas de politique, contrairement à ce que vous dites. A Assise, en effet, le Pape est le seul chef d'Etat, il agit explicitement en sa qualité de chef religieux, qui réunit d'autres chefs religieux, pour prier dans un lieu consacré momentanément déconfessionnalisé ... En outre, il est difficile de croire qu'il agit avec ces chefs religieux pour le rappel de la vertu naturelle de religion, alors que certaines des religions représentées ne reconnaissent même pas cette notion ou s'y opposent par tous leurs écrits et toutes leurs actions. Enfin, on peut légitimement se demander si le rôle du Pape consiste à rappeler les principes de la philosophie naturelle, comme aurait pu le faire un philosophe grec du Vème siècle avant J-C, ou à confirmer ses frères dans la Foi ? "Malheur à moi, disait St Paul, si je n'annonçais pas l'Evangile ..., Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié !" Dès lors, on peut se demander quelle peut être la signification exacte de tels rassemblements, lesquels n'auront, de toute façon, aucun effet sur la paix dans le monde, et si l'apparence, qui est celle du relativisme et du syncrétisme, ne correspond pas, bel et bien, à la réalité ? Le simple doute et l'ambiguïté volontaire qu'entretiennent de telles initiatives sont, en eux mêmes, déjà insupportables et suffisent à discréditer de telles initiatives qui ressemblent surtout à un aveu de faiblesse et d'impuissance et à un véritable reniement de Pierre !