Le corps, l'esprit, et l'âme.
Scrutator Sapientiæ -  2010-12-27 07:25:33

Le corps, l'esprit, et l'âme.

Bonjour et joyeux Noel à rustypolymath, Je ne suis pas médecin, je ne connais pas la personne en question, et je ne préjuge pas du bien-fondé, éventuel ou relatif, de ce que je vais écrire à présent. Je précise ou rappelle qu'il arrive qu'il soit indispensable et prioritaire de réussir à restaurer les fonctions corporelles et vitales, AVANT d'essayer de rétablir en plénitude les fonctions mentales et spirituelles. 1. Si ce n'est déjà fait, il ne faut pas hésiter à commencer ou à continuer - à avoir une alimentation équilibrée, car je n'ignore pas qu'il suffit d'avoir un régime alimentaire carencé, même si c'est inconscient ou involontaire, pour avoir du mal à se sortir d'une telle difficulté ; - à faire du sport, sinon chaque jour, du moins chaque semaine, quitte à commencer à en faire en se donnant, au début, un objectif limité, et quitte à le faire en solitaire, ou avec une personne de confiance, pour se mettre à l'abri de tout regard indiscret qui pourrait déboucher sur une impression de jugement amusé ou offensant, je pense ici à une personne qui ne serait pas très sportive, et qui serait en situation intérieure d'hyper-susceptibilité, compte tenu de ce qu'elle subit ; - à reconquérir un endormissement à peu près naturel et un sommeil de meilleure qualité, car je n'ignore pas non plus qu'il suffit d'avoir énormément de mal à s'endormir ou à se rendormir, à peu près chaque nuit, pour commencer ou continuer à être déprimé. 2. Il ne faut pas hésiter à lire moins, mais à lire mieux, et, j'ose le dire, à prier moins, mais à prier mieux ; je m'explique : quand on veut lire ou prier "à tout prix", alors que l'on a de gros problèmes de concentration, comme il s'agit d'une activité "cérébrale" et que l'esprit conspire contre lui-même, dans le cas d'une dépression, on a rapidement un sentiment de macération, de stérilité, d'épuisement intérieurs, car il n'y a aucun effet cumulatif, aucun effet d'entraînement, on ne retire aucun fruit, culturel ou spirituel, de sa lecture ou de sa prière, et du coup on déprime encore plus, non malgré ses efforts, mais à cause d'efforts momentanément inappropriés ou disproportionnés. Il ne faut pas hésiter, pour essayer de se reconcentrer, de se remotiver, et dans la mesure où l'entourage ou l'absence d'entourage le permet, à lire et à prier à voix haute, en commençant par quelque chose d'accessible, d'agréable et de profitable à lire ou à prier. On peut très bien le faire - sans "athlétisme", c'est-à-dire sans se mettre à le faire pendant des heures ; - sans "se la jouer", c'est-à-dire sans se mettre à "déclamer". 3. L'idéal serait peut-être que cette personne soit ECOUTEE, par une personne "hyper-attentive" mais qui ne la connaîtrait pas et qui ne la jugerait pas, je ne dis pas "conseillée" ni "évaluée", mais écoutée, le plus attentivement et régulièrement possible, par exemple, au début, une heure par semaine, par quelqu'un qui l'aiderait à s'exprimer, - non en tant que personne de telle ou telle famille ou profession, de telle ou telle culture, en morale, en politique, ou en religion, ayant du mal à exister aux yeux des autres, à s'intégrer, au contact des autres, à trouver chez les autres ce qu'elle cherche en elle-même, - mais en tant que personne ayant besoin de faire le point sur elle-même, indépendamment, dans un premier temps, de toute considération en termes d'origines familiales, d'activité professionnelle, de provenance ou de destination existentielles. Vous connaissez sûrement le "pour vous, qui suis-je ?" de Jésus-Christ dans l'Evangile ; LA question qui éclaire, je ne dis pas la question qui soigne, guérit, sauve, car ce n'est pas pas automatique, mais en tout cas la question qui éclaire, et dont nous avons tous besoin, est à peu près celle-ci : "pour vous-même, qui êtes-vous ?" "que dites-vous de vous-même ?" Pour ne rien vous cacher, il m'est déjà arrivé de contribuer à quelques "redémarrages" individuels ; je crois qu'il n'y a rien de plus responsabilisant, car cela nécessite énormément de discernement, d'humilité, de patience, de prudence, de discrétion, de profondeur, ce qui ne signifie en rien que je m'attribue volontiers telle ou telle de ces qualités, car je ne parle ici que des conditions objectivement requises, certainement nécessaires, certainement pas suffisantes, et non de qualités subjectivement possédées. Si qui que ce soit est en mesure de devenir "l'écoutant" de la personne dont il est question, et si cet écoutant potentiel a besoin d'un "discours de la méthode", je lui suggère, par exemple : "La relation d'aide et la psycho-thérapie", de Carl ROGERS, chez ESF EDITEUR. Laissez parler quelqu'un "qui ne va pas très bien" à un "inconnu attentif" : si cet "inconnu attentif" est un tout petit peu discret, prudent, perspicace, psychologue, diplomate, méthodique, pédagogue, progressif, reformulateur du vocabulaire employé et canalisateur de l'argumentaire formulé, tout en étant à la fois bienveillant et vigilant, il y a une petite chance pour que le discours tenu par "l'inconnu écouté" constitue la matière première dans laquelle il y aura à la fois la description des problèmes ressentis et l'évocation, en filigrane, de quelques perspectives d'amélioration de sa situation intérieure. Mille excuses, évidemment, pour ce trop long message, j'espère que ce que je viens d'écrire n'est pas totalement inadapté à la difficulté dont il est question ici, bon courage pour vous-même et pour la personne que vous connaissez et qui est en souffrance, et bien entendu joyeux Noel. A Noel, il est question d'une naissance, je ne puis donc que souhaiter à cette personne en question de rencontrer une personne qui contribuera, tel un "accoucheur", à ce qu'elle renaisse à elle-même, sans que cet "accoucheur" soit nécessairement un professionnel de la profession, car il peut y avoir complémentarité, et non double emploi, entre un accompagnement personnalisé et l'intervention d'un psychiatre. Scrutator.