L'arbre à caoutchouc a envahi toute la forêt.
Scrutator Sapientiæ -  2010-12-24 08:29:09

L'arbre à caoutchouc a envahi toute la forêt.

Bonjour à tous, Ce qui suit se voulant une suggestion modeste et prudente, je propose, à toutes fins utiles, la ligne de conduite suivante. 1. Sur cette question, en particulier, à présent, taisons-nous : ou bien les propos de Benoît XVI sont éclairants en eux-mêmes, pour qui veut bien être éclairé, ou bien ils sont accablants par eux-mêmes, pour qui croit pouvoir ou sait devoir être accablé, mais à mon humble avis, de tels propos ne sont ni totalement accablants, ni uniquement éclairants, disons qu'il sont inquiétants, certainement pour des raisons de forme, possiblement pour des raisons de fond, et qu'il appartient à l'Eglise de commencer à nous rassurer, ce qu'elle vient d'essayer de faire, et peut-être même de réussir à faire, tout à fait récemment. 2. Taisons-nous, non parce que nous n'avons pas le droit de parler, mais parce que l'essentiel a été dit plus qu'il n'a été tu, et parce que l'expression de l'essentiel devrait toujours pouvoir être, entre catholiques traditionnels, non un risque de division, mais une source d'unité : n'ajoutons pas la division entre nous à la confusion qui, de toute évidence, à juste titre ou non, a résulté de la formulation puis de la publication du passage concerné. 3. L'essentiel, chacun peut le comprendre, tient à peu près en ceci : une erreur de communication a été commise ; peu importe, en un sens, qu'elle émane de Benoît XVI interviewé, du journaliste intervieweur, du traducteur ou de l'éditeur, mais le mal est fait, n'ajoutons pas à cette erreur de communication médiatique de erreurs qui découleraient, au contact de cette erreur première, de positionnements polémiques. 4. Quand on communique, c'est dans le but d'être compris, bien approuvé ou désapprouvé, peu importe, à la limite, mais, en tous cas, compris ; de toute évidence, dans cette affaire, Benoît XVI, si c'est bien lui qui en est responsable, et quoi qu'il ait voulu dire, s'y est mal pris, puisqu'il n'a pas été compris, et il me semble que cette remarque n'est ni irrespectueuse, vis-à-vis de sa personne ou de son pontificat, ni un facteur d'accentuation des divisions, notamment entre catholiques traditionnels. 5. Nous sommes en présence d'un ouvrage dont le contenu ne se limite pas à ce passage, aussi singulier soit-il, sur cette question, aussi passionnelle soit-elle ; pour ne rien vous cacher, ce livre, je longuement parcouru, dans l'espoir d'y trouver une raison de l'acheter, et je ne l'ai pas acheté, non à cause des positions exprimées par Benoît XVI, sur tel ou tel aspect ou enjeu, mais à cause, je le dis comme je le pense, de la pauvreté de son contenu, notamment parce que les questions y sont trop nombreuses et les réponses y sont trop brèves, trop courtes, et ne vont pas "au fond des choses". 6. Au surplus, peut-être pour la raison que je viens d'évoquer, si les catholiques traditionalistes, de quelque fraternité qu'ils soient, veulent trouver dans cet ouvrage, sur d'autres questions que celles de l'hévéa, d'autres motifs d'insatisfaction, sinon d'exaspération, ils en trouveront sans doute, ce type de publication étant tout à fait comparable à un exercice de style au sein duquel le contenant a tendance à imposer au contenu un format qui appauvrit le discours. 7. Il ne faut pas que l'arbre à caoutchouc envahisse toute la forêt : nous pouvons sans doute et nous devons peut-être échanger, ici ou ailleurs, ou bien sur d'autres points, relevés ou soulevés dans le même livre, ou bien sur d'autres lignes de pensée pontificale contemporaine, à commencer par la dernière exhortation apostolique post-synodale, sur laquelle je ferai le maximum pour écrire quelques mots. 8. Enfin, quand bien même la position du pape, sur le préservatif, serait trop élastique, cela ne change rien à la grande et bonne nouvelle de la journée : c'est Noel, un Sauveur nous est né, un Fils nous est donné, je souhaite donc beaucoup de joie et de paix à chacun, à chacune d'entre nous, c'est cela, la véritable Lumière du monde, et le reste, tout le reste, est second, peut-être même secondaire. Joyeux Noel à tous ; je pense ici à ceux d'entre nous qui sont eux-mêmes ou qui connaissent, dans leur entourage, des personnes qui sont - amoindries ou appauvries, en ces temps de fragilisation psychologique et de précarisation économique, - esseulées ou isolées, en ces temps de transformation des personnes en monades ou en nomades, - malades, mourantes ou souffrantes, pour lesquelles la notion de joie de Noel n'est pas évidente à appréhender, - en conflit, latent ou patent, avec elles-mêmes, avec des amis, des parents, des collègues de travail, ou avec des frères dans la foi, pour lesquelles la notion de paix de Noel n'est pas évidente à s'approprier. C'est cela qui est le plus important, à mon sens, en ce jour. Joyeux Noel à tous, prions les uns pour les autres, et prions pour la gloire de Dieu et le salut du monde, qui en aura toujours plus besoin qu'il n'en aura envie. Scrutator.