Ce que vous dites est du "délire"
Ennemond -  2010-12-22 22:05:21

Ce que vous dites est du "délire"

La vraie religion n'a sans doute, pour elle même, rien à craindre de la libre concurrence, puisque l'Eglise a les promesses de la vie éternelle. En revanche, toutes les âmes n'ont pas ces promesses-là et votre système libéral ne fait pas grand cas de toutes celles qui pâtiront de la mise à égalité des religions, qui auraient pu naître dans des nations catholiques et qui risqueront désormais de perdre leur âme parce qu'on les aura confortées dans des voix qui éloignent du Christ. Dans Quanta Cura Pie IX parle de cette "libre concurrence". Il la qualifie de "délire" à la suite de son prédécesseur. Ainsi donc un délire deviendrait "vérité" et objet de tradition ? Je crains que vous n'ayez une bien mauvaise définition des mots.

Et de fait, vous le savez parfaitement, Vénérables Frères, il s'en trouve beaucoup aujourd'hui pour appliquer à la société civile le principe impie et absurde du " naturalisme ", comme ils l'appellent, et pour oser enseigner que " le meilleur régime politique et le progrès de la vie civile exigent absolument que la société humaine soit constituée et gouvernée sans plus tenir compte de la Religion que si elle n'existait pas, ou du moins sans faire aucune différence entre la vraie et les fausses religions ". Et contre la doctrine de la Sainte Écriture, de l'Église et des saints Pères, ils affirment sans hésitation que : " la meilleure condition de la société est celle où on ne reconnaît pas au pouvoir le devoir de réprimer par des peines légales les violations de la loi catholique, si ce n'est dans la mesure où la tranquillité publique le demande ". À partir de cette idée tout à fait fausse du gouvernement des sociétés, ils ne craignent pas de soutenir cette opinion erronée, funeste au maximum pour l'Église catholique et le salut des âmes, que Notre Prédécesseur Grégoire XVI, d'heureuse mémoire, qualifiait de " délire " : " La liberté de conscience et des cultes est un droit propre à chaque homme. Ce droit doit être proclamé et garanti par la loi dans toute société bien organisée. Les citoyens ont droit à l'entière liberté de manifester hautement et publiquement leurs opinions quelles qu'elles soient, par les moyens de la parole, de l'imprimé ou tout autre méthode sans que l'autorité civile ni ecclésiastique puisse lui imposer une limite ". Or, en donnant pour certitudes des opinions hasardeuses, ils ne pensent ni ne se rendent compte qu'ils prêchent " la liberté de perdition " , et que " s'il est permis à toutes les convictions humaines de décider de tout librement, il n'en manquera jamais pour oser résister à la vérité et faire confiance au verbiage d'une sagesse toute humaine. On sait cependant combien la foi et la sagesse chrétienne doivent éviter cette vanité si dommageable, selon l'enseignement même de Notre Seigneur Jésus-Christ "