Messe anticipée : ...affirmative ad primum, negative ad secundum !...
Père M. Mallet - 2010-12-22 12:12:11
Messe anticipée : ...affirmative ad primum, negative ad secundum !...
Affirmatif pour le premier point : ce serait bien de leur faire comprendre.
Négatif pour le second : je ne sais pas s'il existe des explications romaines à ce sujet.
La messe du samedi soir est toute une histoire...
Au début, c'était une concession pour des cas exceptionnels : les gens qui ne peuvent pas y aller le dimanche (matin, ou soir). C'est-à-dire à l'époque 5 % des baptisés ? 10 % au grand maximum (à l'époque, le travail du dimanche était assez limité - comme il l'est encore maintenant en zone rurale).
L'usage aurait dû concerner seulement les très grandes villes.
Mais la frénésie de nouveauté était telle à l'époque que toute nouveauté, toute concession de Rome, quelle qu'elle soit, était vécue comme une grande victoire de la base, un grand progrès qu'il fallait encourager.
Et donc toutes les petites paroisses de campagne se sont mises à en mettre en place (quitte à supprimer la Messe du dimanche soir !) ; et certains fidèles se sont fait un devoir d'y aller, simplement pour encourager ce progrès.
Ils ont constitué leur petit monde d'habitués (20 à 30 % des fidèles de la paroisse ?).
Et si maintenant le clergé "actuel" (ratzinguérien) veut faire marche arrière, il risque de se trouver face à une opposition très forte de ce petit monde d'habitués invétérés et vieillissants.
Que faire ?
Saborder cette messe ?...
La supprimer brutalement ?...
Cela demande réflection.
...on aura sans cesse devant les yeux "le salut des âmes qui doit toujours être dans l'Eglise la loi suprême" (c. 1752).
Les messes à 15 honoraires (voire 20 ou 30 comme j'en ai vu à Rome : et le célébrant devait énumérer tous les prénoms, parfois orthographiés de travers - et des fidèles qui viennent se plaindre après, parce qu'il n'ont pas entendu le nom du défunt...) : il existe des normes à ce sujet ; c'est permis si les fidèles sont prévenus à l'avance qu'il y aura un certain nombre d'intentions à cette messe, et y "consentent librement".
"...pas plus de deux fois par semaine" !
Et ce qui dépasse d'un honoraire normal "sera remis à l'Ordinaire".
Voir commentaire du c. 948 dans le Code annoté.
Décret Mos iugiter obtinuit, Congr. pour le Clergé, 22.01.1991.