Jugez vous-même
Vianney -  2010-12-21 18:29:04

Jugez vous-même

Voici, numérotées de (1) à (3) pour la clarté, trois propositions condamnées par l’Église (Pie IX, Quanta Cura) :

De plus, contre la doctrine de la Sainte Écriture, de l’Église et des saints Pères, ils affirment sans hésitation que : “la meilleure condition de la société est celle où on ne reconnaît pas au pouvoir le devoir de réprimer par des peines légales les violations de la loi catholique, si ce n’est dans la mesure où la tranquillité publique le demande.” (1) En conséquence de cette idée tout à fait fausse du gouvernement des sociétés, ils ne craignent pas de soutenir cette opinion erronée, funeste au maximum pour l’Église catholique et le salut des âmes, que Notre Prédécesseur Grégoire XVI, d’heureuse mémoire, qualifiait de “délire” : “La liberté de conscience et des cultes est un droit propre à chaque homme.” (2) “Ce droit doit être proclamé et garanti par la loi dans toute société bien organisée.” (3)

Et voici maintenant, numérotés de (4) à (6), trois principes énoncés par Dignitatis humanæ (§ 2) :

Le Concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse (4). Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être soustraits à toute contrainte de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience, ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres (5). Il déclare en outre que le droit à la liberté religieuse a son fondement dans la dignité même de la personne humaine telle que l’ont fait connaître la parole de Dieu et la raison elle-même. Ce droit de la personne humaine à la liberté religieuse dans l’ordre juridique de la société doit être reconnu de telle manière qu’il constitue un droit civil (6).

Les “justes limites” de (5) sont précisées au § 7 de DH : il s’agit des exigences de la paix et de la moralité publiques. Cela coïncide avec la tranquillité publique dont parlait Pie IX, mais précisément pour nier que ce critère soit suffisant ! Pour le reste, les propositions (2) et (3) condamnées par Pie IX dans QC correspondent aux propositions (4) et (6) de DH. Et la proposition (5) enseignée par Vatican II implique nécessairement la proposition (1) condamnée par Pie IX. Et tous deux, Pie IX et Vatican II, prétendent se référer à la Révélation... La différence est que le premier est en accord avec l’enseignement de toute l’Église dès qu’elle a été amenée à se prononcer sur ce sujet. V.