"En ce sens, l’avancée de l’islam n’est que le révélateur de notre vide intérieur. Si nous avions une vie spirituelle propre, équilibrée, une profondeur — une âme ! — l’islam n’exercerait aucune emprise. Ni comme séduction ni comme intimidation. Une âme critique et libre ne tiendrait pas une minute sous ce ritualisme et cette contrainte. Lorsqu’on porte l’impératif de la liberté au fond de soi, on peut affronter toute l’armée perse à trois cents hommes, comme Léonidas ! Or, dans notre société matérialiste, l’élévation n’a plus le droit d’être. Nous vivons le diktat de l’horizontalité, de la « socialisation », du carpe diem, du copinage et du bavardage généralisés. Nous ne construisons plus de temples dans l’invisible et emprisonnons l’imaginaire dans des jeux vidéos. Le monde est devenu désespérément plat. A force d’éliminer toute barrière, tout obstacle, nous avons détruit les perspectives, « effacé l’horizon », comme écrit Nietzsche. Or, l’être humain a toujours besoin de progresser vers quelque chose. La réduction du monde à sa matérialité nous immobilise, nous démobilise. Tout notre dynamisme, notre appétit de vivre, est fondé sur la quête éternelle et le dépassement de soi. Si je suis Dieu moi-même, vers quoi puis-je encore aller ? C’est dans cette interrogation que la déprime de la modernité prend racine et que l’angoisse s’installe. Or, il n’y a aucune réponse spirituelle à ce désespoir à attendre de la part d’Eglises devenues des assistantes sociales. Leurs messes virent à la kermesse bien-pensante où le corps et le sang du Christ sont remplacés par des cakes au citron et du nescafé. Il est dès lors normal que les âmes inquiètes finissent par mépriser, et même haïr leur univers fadasse et qu’ils s’en détournent. C’est ainsi qu’on observe une alliance de fait entre certains mouvements altermondialistes ou anticapitalistes et l’islam. Ils perçoivent ce dernier comme leur allié, leur compagnon d’infortune, dans leur rejet du monde tel que nous l’avons fait. Nous nous trouvons sommés de choisir, de fait, entre le supermarché honni et une «alternative» dont l’islam est une composante de poids. Je ne m’explique pas autrement la fascination quasi christique exercée par un Tariq Ramadan sur la gauche altermondialiste."
Extrait du discours prononcé samedi à Paris lors des Assises sur l’islamisation de l’Europe par Oskar Freysinger, député suisse de l’UDC. Le texte, La vidéo