A Sainte Elisabeth ce soir
Amos - 2010-12-19 23:46:59
A Sainte Elisabeth ce soir
Contrairement au concert annulé à Bercy de Lady Gaga : "mes 28 camions pour le Monsterball sont détenus par le gouvernement français durant 26 heures, deux de mes employés ont été arrêtés en essayant de passer pour aller à Paris pour faire le show. Je suis furieuse et dévastée, ce n'est pas juste pour mes fans ni pour moi", le concert de Sainte Elisabeth a bien eu lieu ce Dimanche, la sainteté est protégée, la saleté nous a été épargnée, cela dit sans se gargariser de mots.
Devant l'église Sainte Elisabeth, rue du Temple, stationnaient deux minibus immatriculés en Biélorussie, la pitrerie de la parodie d'élection aujourd'hui dans leur pays leur était ainsi épargnée, elles n'en recoivent d'ailleurs aucune subvention pour leurs œuvres, s'occupant des enfants lourdement handicapés à la suite de Tchernobyl.
J'étais arrivé par la rue Sainte Elisabeth qui débouche dans la rue du Temple sur une boutique à l'enseigne "Temple Street", j'ai pensé à Nemo, il est vrai qu'il s'était rappelé à mon bon souvenir la veille.
L'église est particulièrement belle, y est conservé et visible dans une chapelle le manteau de Saint François d'Assise donné à Sainte Elisabeth de Hongrie, j'ignore si Sarkozy est jamais venu dans cette église, comme le rappelait le même Nemo, tout est possible.
Les Sœurs sont à l'entrée où sont proposés différents produits de leur monastère, je repartirai avec du miel béni, plusieurs parlent français avec un délicieux accent, elles embellissent l'église dont le retable magnifique de l'autel fait penser à une iconostase, elles sont chez elles, Sainte Elisabeth de Hongrie était la sainte patronne de Sainte Elisabeth de Russie, ses parents qui avaient une grande dévotion pour Sainte Elisabeth de Hongrie prénommèrent leur fille Elisabeth, comme nous l'expliqua la Sœur qui présentait le concert.
Le concert, ce moment spirituel comme le précisa justement le curé, se composait de deux parties, la première de chants liturgiques, la seconde de chants religieux, ce n'était pas la soirée des bateliers de la Volga ou autre Kalinka, c'étaient les chants austères du monastère, d'une beauté profonde, l'influence grégorienne y était assumée comme nous l'avait rappelé la même Sœur qui introduisait chaque chant d'un court commentaire, chants d'influences également byzantines, bulgares, macédoniennes, le tout d'une grande suavité et d'une grande slavité.
Elles sont belles les Sœurs du monastère de Minsk, de tous âges, de toute beauté, je n'ai jamais vu d'yeux aussi bleus, ce n'est pas le bleu de la Méditerranée ou de l'Océan, c'est déjà le bleu du ciel, Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur.
Elles chantent dans leurs tenues de moniales venue du fond des âges, de la Russie d'Ivan le Terrible à celle de Nicolas II, toutes en noir, c'est toute la Russie blanche qu'elles représentent, la Russie éternelle de Lermontov et Pouchkine, de Dostoïevski et Soljenitsyne.
Elles ont chanté avec tout leur cœur, elles nous ont enchantés, en partant l'une d'elle m'a demandé si j'avais aimé, je lui ai répondu que l'on se sentait déjà un peu au ciel, "que Dieu vous garde" a été sa bénédiction, je n'aimerais jamais assez, Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur.