Faites bien la distinction
Vianney -  2010-12-19 17:34:27

Faites bien la distinction

...entre les personnes et les actes : Léon XIII ne parle pas des intentions des personnes – ni encore moins de leur ôter la vie parce que leur naissance serait la conséquence d’un péché ! – il parle du droit qu’ont les pouvoirs publics d’empêcher certains actes objectivement mauvais, y compris dans le domaine religieux.

Néanmoins, dans son appréciation maternelle, l’Eglise tient compte du poids accablant de l’infirmité humaine, et elle n’ignore pas le mouvement qui entraîne à notre époque les esprits et les choses. Pour ces motifs, tout en n’accordant de droits qu’à ce qui est vrai et honnête, l’Église ne s’oppose pas cependant à la tolérance dont la puissance publique croit devoir user à l’égard de certaines choses contraires à la vérité et à la justice, en vue d’un mal plus grand à éviter ou d’un bien plus grand à obtenir ou à conserver.

Mais il faut reconnaître, pour que Notre jugement reste dans la vérité, que plus il est nécessaire de tolérer le mal dans un Etat, plus les conditions de cet Etat s’écartent de la perfection ; et, de plus, que la tolérance du mal appartenant aux principes de la prudence politique, doit être rigoureusement circonscrite dans les limites exigées par sa raison d’être, c’est-à-dire par le salut public. C’est pourquoi, si elle est nuisible au salut public, ou qu’elle soit pour l’État la cause d’un plus grand mal, la conséquence est qu’il n’est pas permis d’en user, car, dans ces conditions, la raison du bien fait défaut.

Source : Léon XIII, Libertas.