Quel est le sujet ?
Gaudium -  2010-12-19 10:50:53

Quel est le sujet ?

Pie XII évoque l'erreur "en soi", en elle-même (l'erreur religieuse ne peut ni ne doit jouir en elle-même d'aucun droit, mais peut et même doit faire l'objet d'une tolérance civile dès lors que cela s'avère nécessaire pour empêcher un plus grand mal ou promouvoir un "bien supérieur et plus vaste"). Dignitatis humanae prend pour sujet du droit à la liberté religieuse la personne humaine, dont la dignité radicale appelle que sa conscience ne soit pas violée, surtout en matière religieuse, étant sauf "l'ordre public juste". Ce respect de la conscience de l'homme en matière religieuse (autrement dit, la reconnaissance d'un droit civil à la liberté religieuse), requis par sa dignité, constitue toujours, dans de justes limites, un "bien supérieur et plus vaste" légitimant, selon la formule de Pie XII, la tolérance civile de l'erreur. Pareillement, la violation des consciences constitue toujours, dans les limites de "l'ordre public juste", un plus grand mal (le mal étant la privation d'un bien). Le point de vue ancien intègre le point de vue nouveau. Il n'y a pas contradiction, mais, en dépit des paradoxes apparents, approfondissement avec : 1° sur un plan doctrinal, un simple changement d'angle dans l'abord de la question (dans la présentation des choses, le sujet passe de l'erreur (Magistère pré-conciliaire) à la personne (Vatican II et la suite), laquelle peut être dans l'erreur) ; 2° sur un plan pastoral, des "insistances" ou accentuations différentes, requises par la vertu de prudence. Bref, réforme dans la continuité. L'intelligence de la doctrine chrétienne croît à l'intérieur de la Tradition. Gaudium